Ça vous est déjà arrivé d’être plongé dans votre lecture, confortablement installés dans le tramway et sentir un souffle chaud dans votre cou ? Oui ? Ne paniquez pas, ce n’est qu’un simple passager jetant des regards curieux à votre livre. Ou peut être étiez-vous sujets à des commérages pendant que vous feuilletiez votre roman à la salle d’attente ?

Diverses situations menant à une seule question : Pourquoi est-ce que la lecture en public est bizarrement vue dans la société algérienne ?

          L’Algérie, un pays si riche en culture, un pays qui a inspiré tant d’hommes et de femmes de lettres, un pays où la peuplade est adepte de lecture dans son écrasante majorité et pourtant, au 21éme siècle, la lecture en public lui est encore étrange.

Cela est du à quoi, alors ?

L’école algérienne :

          La lecture n’a malheureusement pas sa place dans le programme éducatif algérien qui favorise les lectures et analyses des courts textes dénudés de toute créativité et ardeur et qui ne répondent nullement aux intérêts des jeunes écoliers débordants encore d’imagination juvéniles et à qui on fait croire que seules les notes comptent à l’école.

Le livre un produit de luxe ?

          Depuis la colonisation française, la liberté de publication et de lire a été strictement contrôlée. Évitant à tout prix l’étincelle pouvant déclencher le feu de la révolte. Et le système dit démocrate d’après l’indépendance n’a fait que suivre les traces de l’idéologie coloniale, où le livre a fait l’objet de censure extrêmement claire. À coté de la monopolisation du marché de l’édition et de la vente du livre.

         Tous ces paramètres ont fait que le livre soit peu abordable aux castes moyennes de la société. De la sorte qu’un père de famille -composée de deux parents et de trois enfants- ayant pour salaire mensuel le SNMG (Salaire national minimum garanti) fixé à 18.000 DA, ne va pas se contenter de livres pour faire taire les gargouillement de faim de ses enfants.

Pourquoi lisons-nous dans les transports ?

         Nous passons une bonne partie de notre temps dans les transports. Et quoi de mieux que la lecture pour tirer le meilleur profit de ce temps ? La lecture permet non seulement d’alléger le trajet qui peut être une corvée pour certains mais aussi vous rend imperturbables aux stress que le trafic peut conférer.

Ça peut aussi être une parfaite évasion aux interrogatoires forcés des salles d’attente et une esquive aux interminables discussions non désirées.

        Votre vulnérabilité face à la mort de votre caractère préféré ou ces petites répliques qui vous arrachent involontairement un sourire, donnera surement envie à la personne qui lisait par-dessus votre épaule ou à celle qui regardait drôlement votre humeur changer de prendre ce même livre que vous teniez tendrement entre vos mains la prochaine fois qu’elle se rendra en librairie.

       En dépit de toutes les contrariétés qu’encourent lecteurs et livres en Algérie, le nombre de ces derniers ne cesse d’augmenter et cela proportionnellement aux nombreuses maisons d’éditions et librairies qui naissent chaque jour, des salons gorgés d’immense variété de livres et des initiatives salutaires de la jeunesse algérienne qui refuse de s’abandonner aux courants de la régression littéraire.

Amélie Nothomb dit qu’«On lit pour découvrir une vision du monde»,

Moi, je lis pour une Algérie meilleure, et vous ?

                                                                                                Hacene Louiza Meroua

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