Entre envie de libération et peur d’une éventuelle perte des valeurs familiales inculquées, la jeunesse Algérienne vacille tel un funambule sur le fil de sa destiné, consciente que ses choix d’aujourd’hui auront un impact certain sur l’Algérie de demain, que son silence sera lourd de conséquences et que son combat ne sera pas sans douleur.

Le changement ne vient jamais sans sacrifice; Mais est-ce que ce changement est réellement désiré ? À quoi aspire l’Algérie du futur ? Veut-elle se verser dans les flots houleux du progressisme ou préfère-t-elle se mouvoir dans les terres arides mais plus sûres de son passé conservateur ? Est-elle encouragée à aller de l’avant ou plutôt fixée au sol de l’oppression ?

En revanche, il n’est nul doute que durant ces dernières années, le bruit sourd de la masse florissante de notre pays commence à se faire entendre de loin, comme termine un sous-marin son errance pour enfin déchirer les eaux salées de son mutisme.

Où en est la conscience du jeune Algérien lambda?

Un individu moyen est généralement défini par les cinq personnes qu’il côtoie le plus; Ceci, selon l’adage populaire « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es » pourrait sembler évident, mais n’est sans doute pas suffisant pour nous renseigner sur le niveau de réflexion du jeune algérien. Car si l’entourage joue un rôle majeur dans la construction de la pensée, la personnalité humaine reste toutefois complexe et imprévisible.

Notre observation va donc se hisser de la petite enfance -à savoir; Le début des années 90s- jusqu’à ce jour.

La décennie noire en Algérie:

Si aujourd’hui la décennie noire semble être balayée par le temps, son impact n’en est pas moins présent dans notre quotidien; Le mouvement radical qui s’est emparé du pays jadis, a laissé des séquelles importantes, dont des traumatismes pour certains mais surtout une peur de l’émancipation intellectuelle pour la plus part. Se poser des questions sur sa personne ou sa religion reviendrait à remettre en doute ses croyances et serait mal vu par autrui.

La famille Algérienne:

Qui est sans aucun doute l’un des facteurs -si ce n’est le facteur clef de la construction de la pensée de l’enfant; Ce dernier se voit le plus souvent bercer dans un cocon protecteur et rarement tolérant, qui s’avisera plus tard de le propulser dans l’aventure et la prise de risques, mais tâchera plutôt de le couver sous les épaisses couches de la peur du jugement des autres et la mise en quarantaine de ses ambitions déraisonnables.

La dépersonnalisation Algérienne:

Beaucoup de points sont à aborder à son sujet, mais tâchons d’englober l’idée dans une petite boîte noire postée dans un coin du salon : La télévision. Cette dernière s’est vue diffuser aux débuts des années 2000s des programmes occidentaux puis, quelques temps plus tard un autre canal s’est emparé de ses antennes pour diffuser au peuple algérien un contenu venant des pays du Golf -qui a sans doute été pour beaucoup dans l’influence de la réflexion générale, vu qu’il est aux (télé)commandes jusqu’à présent.

Mais où est la production Algérienne dans tout ça?!

Les réseaux sociaux:

Extrêmement présents. Ils sont devenus pour les jeunes gens une fenêtre sur le monde et ce qui s’y passe; Nous notons quelques 2 millions d’algériens utilisant régulièrement Facebook. (Chiffre trouvé dans un article d’Algérie 360°).

Vers où se dirige la jeunesse Algérienne ?

Si certains facteurs encouragent l’émancipation, beaucoup d’autres restent un véritable handicap pour l’Algérie. La jeunesse de ce pays semble ne pas encore avoir défini d’objectifs communs vers lesquels s’orienter.

On observe ainsi l’émergence de plusieurs ‘sous-cultures’; des plus libérées aux plus réprimées sans pour autant avoir su trouver un juste milieu qui en plus de satisfaire le maximum des revendications de chacun, ne devrait pas être un ramassis de contradictions. Un challenge de taille qui se heurte aux remontrances des plus sceptiques mais qui reste pourtant la solution la plus raisonnable.

Une alliance est donc nécessaire pour pallier aux difficultés qui font face à la jeunesse algérienne lorsqu’elle s’exprime.

Oppression et liberté d’expression:

Vous verrez rarement ces deux termes séparés. Si dans la lutte quotidienne de l’affirmation de leurs droits, les algériens usent abondamment d’idées originales pour s’exprimer, l’oppression ne tarde pas à rappliquer pour arrondir – de manière justifiée ou non- les coins de ce qu’elle juge dangereux. L’oppression n’est pas un phénomène national mais un mouvement de résistance humain et mondial dont usent à souhait états et peuples.

L’oppression peut se montrer crue et ferme par des moyens évidents d’emprisonnement, de censure, de chantage…etc; Mais elle peut aussi être fantomatique et c’est là qu’elle devient plus dangereuse :

Oppression de la pensée:

Et ceci dès l’enfance ; les écoles prêchent en faveur d’un idéal commun qui accommode avec le temps des soucis d’intolérance et de jugements subjectifs et bornés qui empêchent de voir sous d’autres angles stipulés faux et immoraux.

Oppression artistique:

Le cinéma d’un peuple reflète son niveau de vie. Étouffer l’art en interdisant ou limitant les festivals, en banalisant l’étude artistique et en mettant certains artistes hors service, revient à condamner la matière grise du pays et ses jeunes à potentiel innovateur.

Oppression rurale:

Celle qui donne le pouvoir aux gens de se juger injustement au nom de valeurs qui devraient être personnelles et subjectives. Cette forme d’oppression cruelle et rarement sanctionnée est le plus subie par la gente féminine qui se voit jugée pour chaque fait et geste qui lui sont pourtant propres.

L’oppression vulgarisée:

La jeunesse a besoin de se rapprocher, de se voir, se communiquer et donc de se rassembler ! Ce ne sont pas les exemples qui manquent ici aussi : Cafés, cinémas, musées, théâtres, festivals, clubs de lectures, cours de danse et ateliers en tous genres!

Le manque ou l’inexistence de ces endroits qui encourageraient la jeunesse à s’élever, reviendrait à la priver de son droit à l’accomplissement de soi et à la création d’idéologies diverses et motrices qui bénéficieraient à tous.

Aussi, un dernier point serait intéressant à mentionner également : Le voyage. Les jeunes gens devraient voyager plus souvent et apprendre de leurs différences; dépénibiliser les formalités des déplacements aurait, sans l’once d’un doute, des conséquences favorables à l’épanouissement du peuple.

Au final, la réponse au titre de cet article est une évidence. La jeunesse algérienne – comme tout autre pays à des degrés différents- est opprimée mais non pas condamnée. Son union et la définition claire de ses objectifs joueront en sa faveur si elle se donne les moyens de se laisser grandir et vivre.

Anissa Bouherid

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