Si toutes les personnes diabétiques formaient un pays, ce serait le 3ème plus grand pays au monde.

En Algérie, le diabète est la deuxième maladie chronique la plus répandue derrière l’hypertension. Maladie bien connue mais entourée de beaucoup de mythes et d’idées reçues, nous allons démêler le vrai du faux dans ce dossier.

Tout d’abord, comprendre le diabète :

Ce qui est très communément appelé diabète est en fait le diabète sucré, un genre de diabète qui implique une anomalie relative à une hormone : l’insuline, qui régule la glycémie. Il existe un autre genre, de moindre incidence, dit insipide qui implique une défaillance dans l’hormone antidiurétique qui agit au niveau du rein.

Quels sont les types de diabète sucré ?

Le diabète est dû à une défaillance dans la régulation de la glycémie (taux de glucose dans le sang) menant à une hyperglycémie (augmentation du taux de glucose) .

Diabète de type 1 

Quand il est secondaire à la destruction des cellules du pancréas, qui secrètent l’insuline. Il apparait de façon brutale. Souvent avant l’Age de 20ans et nécessite un traitement par insuline.

Diabète de type 2

Quand il est secondaire à une résistance des tissus à l’insuline le plus souvent à cause du surpoids. Il survient classiquement après 40 ans et il existe un facteur de risque familial de 50% quand les deux parents sont atteints. Il peut aussi survenir chez les femmes ayant eu un diabète gestationnel.

Diabète de grossesse ou diabète gestationnel

 Il touche 3 à 20 % des femmes enceintes. Il se manifeste par une augmentation de la glycémie vers la fin du 2e et au 3e trimestre de la grossesse. Dans la majorité des cas, il disparaît après l’accouchement, mais le risque que la mère développe un diabète de type 2 dans les années qui suivent est 7 fois plus élevé.

Diabète et contraception 

 Toutes les contraceptions peuvent être données aux femmes diabétiques, les restrictions concernent les contraceptifs hormonaux dans quelques cas particuliers.

Est-ce qu’une femme diabétique traitée par insuline peut prendre la pilule ?

La pilule oestroprogestative n’est pas contre indiquée en cas de diabète non compliqué (par des atteintes rénales ou cardiaques par exemple ) mais il est préconisé de choisir les associations les plus faiblement dosées, en concertation avec son diabétologue et gynécologue. 

Qu’en est-t-il d’un diabète traité par antidiabétiques oraux (diabète de type 2)

Les restrictions sont les mêmes que chez celles traitées à l’insuline. Les femmes traitées par comprimés sont souvent en surpoids et le surpoids en soi peut être une contre-indication à l’utilisation des oestroprogestatifs, en raison du risque de phlébite et d’embolie pulmonaire car l’insuffisance veineuse est alors extrêmement fréquente.

Le Risque d’infections est-il augmenté sur stérilet ?

Non, quand le diabète est correctement équilibré Il n’y a pas de risque d’infection plus important sur stérilet. Il est aussi bien conseillé aux femmes diabétiques qu’aux femmes non diabétiques, son efficacité est la même.

Quelle contraception adopter en cas de diabète compliqué ?

La pilule peut aggraver les rétinopathies(atteinte de la rétine) et les néphropathies(maladie des reins) diabétiques. C’est pour cela qu’il est important de faire les examens nécessaires (fond d’œil, micro albuminurie) pour déterminer si il y’a contre-indication ou pas à la prise d’oestroprogestatifs. Dans cas le préservatif reste la meilleure solution. 

Diabète et grossesse

Une diabétique peut-elle avoir des enfants ?

Une femme diabétique, peu importe le type, peut avoir des enfants mais elle doit impérativement programmer sa grossesse et la préparer plusieurs mois avant la conception, pour éviter de tomber enceinte alors que son diabète n’est pas équilibré car ceci expose la mère et son bébé à des risques considérables. 

On dit que la grossesse diabétique dure 12mois car au moins 3 mois avant la conception la femme doit réguler sa glycémie et réunir toutes les conditions nécessaires pour le bon déroulement de sa grossesse (une hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 6 et 6,5 %).

Son diabète peut-il être transmis à ses enfants ?

Contrairement aux idées reçues, une jeune femme diabétique ne va pas forcément transmettre son diabète à ses enfants car l’hérédité est faible pour le diabète de type 1 : 2 à 3 % si la mère seule est diabétique. Elle est plus forte pour le diabète de type 2 : de l’ordre de 30 à 40%. 

Pourquoi programmer sa grossesse ?

Les femmes diabétiques sont plus à risque de fausse-couche ou d’avoir un bébé avec des malformations congénitales (malformations cardiaques et rénales par exemple). Ce risque augmente considérablement si le contrôle de la glycémie n’est pas optimal, surtout au moment de la conception et durant les 3 premiers mois de la grossesse, moment où se forment les organes du bébé. En cas de glycémies mal contrôlées, il est fortement conseillé de retarder la grossesse.

Quels sont les risques pour la mère ?

∙ Fausse couche

∙ Aggravation rapide des rétinopathies(dommages à la rétine causés par le diabète) et néphropathies(dommages aux reins)

∙ Accouchement par voie basse plus difficile à cause du poids du bébé (macrosomie) nécessitant des mesures spéciales comme l’utilisation de forceps et ventouses. 

∙ Surplus du liquide amniotique qui peut causer un accouchement prématuré

∙ Hyper-tension de grossesse et pré-éclampsie(complication de la grossesse caractérisée par une tension artérielle élevée en fin de grossesse)

Quels sont les risques pour le bébé ?

∙ Présence de malformations (surtout si le diabète est mal contrôlé durant les trois premiers mois de la grossesse) au niveau du développement du cœur, des reins et de l’appareil uro-génital, du cerveau, de la moelle épinière et du squelette de l’enfant

∙ Poids plus élevé que la moyenne à la naissance (poids supérieur à 4 kg) ou parfois, au contraire, un retard de croissance et un petit poids à la naissance

∙ Naissance prématurée

∙ Difficultés respiratoires à la naissance liées, entre autres, à un retard de la maturation des poumons

Hypoglycémie à la naissance, d’autant plus importante si le diabète a été mal équilibré dans les jours/semaines qui ont précédé l’accouchement

∙ Jaunisse

∙ Carence en calcium dans le sang à la naissance

∙ Anomalie de la production des globules rouges (polyglobulie ou hyperviscosité sanguine)

∙ Mort périnatale

Toutes ces complications s’observent presque exclusivement lorsque le diabète n’est pas bien contrôlé.

Que faire pour limiter les risques liés à une grossesse diabétique ?

Un contrôle glycémique strict depuis la période pré-conceptionnelle jusqu’à l’accouchement et un suivi rigoureux permettent de diminuer grandement la plupart des risques. 

Les 4 clés d’un diabète équilibré sont : l’alimentation, le traitement, l’activité physique et bien sûr la psychologie.

L’alimentation

La surveillance du poids et de l’équilibre glycémique étant importante, l’apport calorique et le traitement doivent être adaptés. Il faut déterminer avec l’aide de son médecin le bon régime alimentaire et les quantités de glucides au début et en fin de grossesse.

En général, les besoins nutritifs d’une femme enceinte sont les mêmes qu’une femme jeune en bonne santé : manger varié et équilibré.

Les produits sucrés et « sans sucre » peuvent être consommés dans la limite du raisonnable.

L’acide folique un allié de choix

L’acide folique (folate) est une vitamine très importante pour la prévention des malformations au cerveau et à la colonne vertébrale du bébé (spina bifida). La plupart des femmes comblent leurs besoins quotidiens en acide folique par une alimentation variée.

On retrouve de l’acide folique dans les légumes verts feuillus, les fruits, les noix, le pain et les céréales. Malgré une alimentation équilibrée, il est recommandé à toutes les femmes diabétiques qui veulent un enfant de débuter la prise d’un supplément de 1 mg par jour d’acide folique, au moins 3 mois avant la conception, et de poursuivre la prise de ce supplément pendant minimalement les 3 premiers mois de grossesse.

Le traitement

 Le traitement sera adapté ou modifié pour conserver l’équilibre glycémique. Le besoin en insuline augmente considérablement vers le sixième mois de grossesse et double quasiment vers la fin.  

Les antidiabétiques oraux étant proscrits pendant la grossesse, les femmes souffrant d’un diabète de type 2 devront passer au traitement par insuline.

L’activité physique

Elle aide au contrôle du diabète durant la grossesse et apporte de nombreux avantages pour la santé de la femme enceinte et de son bébé.

Il est recommandé à la plupart des femmes enceintes de faire un total de 150 minutes d’activité physique par semaine, idéalement en au moins 3 à 5 séances de 30 à 45 minutes. Les activités cardiovasculaires sécuritaires (intensité légère à modérée) pendant la grossesse incluent :

∙ la marche

∙ la danse

∙ le vélo

∙ la natation

∙ le jogging

La psychologie

Se sentir bien entourée, recevoir sa dose d’amour et de petites attentions, aide à garder le moral et supporter les aléas de la grossesse, car bien qu’elle soit souvent féerisée par les médias, ce n’est pas une partie de plaisir d’un bout à l’autre ! 

Ma grossesse avec un diabète, témoignages

Lynda.T, de Bejaia, 34ans raconte sa première grossesse avec un diabète type1

Pour ma part, Je n’ai pas programmé ma grossesse. Malheureusement, ma gynécologue, au lieu de me rassurer m’a déclaré que j’ai failli tuer mon fils, qu’il risque des malformations et si mon diabète n’est pas réglé au milligramme prêt je vais le perdre.

J’avais des rendez-vous chaque mois chez le diabétologue et gynécologue, tous les deux me donnaient des tonnes d’analyses à faire ça me fatiguait et me stressait beaucoup et par conséquent mon diabète ne s’équilibrait pas. 

Ailleurs, ils utilisent des pompes à insuline qui sont beaucoup plus efficaces que les injections pour l’équilibre glycémique, mais elles ne sont pas disponibles chez nous.

 Au bout de quelques semaines de grossesse, mon diabétologue prit un congé et mon gynécologue se réinstalla sur Alger, j’ai dû tout reprendre à zéro. Après 4 ou 5 mois, l’expérience aidant et avec le soutiens et les conseils de patientes diabétiques, j’arrivais à mieux contrôler ma glycémie et j’ai mené ma grossesse à terme, mon fils est en bonne santé  . La grossesse ce n’est pas juste des chiffres, on a aussi besoin d’amour, d’attention, de repos et de beaucoup de bons plats. Mon mari et ma belle-famille sont compréhensifs je n’ai jamais eu de problèmes avec eux concernant ma maladie, d’autant plus que ma belle-mère et mon beau-frère sont tous les deux diabétiques eux aussi.

Samia Sad

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