On a toujours tendance à opposer de manière binaire deux modèles économiques : Le capitalisme et le socialisme, le privé contre l’Etat. Or, on oublie souvent le système des coopératives qui est un modèle économique de production assez intéressant à analyser.

La différence avec le capitalisme et le socialisme

Contrairement au capitalisme libéral qui repose dans la propriété privée des moyens de production et sur le travail salarié d’une côté, de l’autre nous avons le socialisme qui est en quelque sorte un « capitalisme d’Etat » consistant à ce que la collectivité publique soit propriétaire, gestionnaire et bénéficiaire des unités de production. La coopérative quant à elle est une association à « but lucratif » dans le sens où elle est met à égalité les membres et les travailleurs comme étant tous contributeurs et actionnaires de l’entreprise.

La gestion de la coopérative est basée sur le principe d’autogestion par les travailleurs et sur la démocratie participative quant à la contribution des associés. Le conseil d’administration n’est pas désigné par une autorité administrative, ni par les actionnaires privés qui n’existent pas, mais est élu démocratiquement par les associés. Les salaires sont fixés par ce dernier qui établit une échelle de salaires selon le barème de la coopérative et selon le capital généré.

De la théorie à la pratique

Il existe plusieurs exemples concrets de réussite du système de production en coopératives, nous pouvons citer un des cas les plus exemplaires qui est celui du groupe espagnol « Mondragon » qui représente la plus grande coopérative de travail du monde. Ce groupe est composé de 289 entreprises et de près de 75.000 salariés, avec un chiffre d’affaire qui s’élève à plus de 12 milliards de dollars. Mondragon est structuré en quatre groupes sectoriels : Finance, distribution, connaissance et l’industrie. 

Nous pouvons revenir en arrière dans l’histoire en citant l’expérience de l’Espagne durant la guerre civile de 1936 à 1939. La confédération nationale du travail (CNT) qui participait au gouvernement avant le coup d‘Etat du général Franco, avait initié dans les zones de résistance un système d’autogestion des terres agricoles et des usines dont la gestion revenait à la structure syndicale, aux cadres ouvriers et aux paysans. On appela cette expérience le « communisme libertaire », mais celle-ci prendra fin avec la chute de Barcelone et de la république espagnole. Le fameux documentaire « Viva la utopia » (vivre l’utopie) est très intéressant pour comprendre cet épisode de l’Histoire espagnole.

Lors de la guerre civile syrienne, la région du Rojava (majoritairement kurde au nord-est syrien) met en place des structures d’autogestion autonomes. En début 2013, les conseils populaires instaurent le contrôle des prix des produits rares pour lutter contre la spéculation. Les terres agricoles sont communalisées et les coopératives sur les produits agricoles lancent une production alimentaire. L’industrie également se développe avec la production du ciment, ainsi que la transformation du pétrole avec le raffinage. Les gestionnaires de ces coopératives sont élus tous les deux ans avec mandat renouvelable et révocable.

Une troisième voie économique

Plusieurs autres exemples réussis de coopératives de travail peuvent être cités. Ce mode de production est à la fois égalitaire, mais aussi libre de toute tutelle administrative et patronale. La coopérative est par conséquent une alternative économique à prendre en compte par rapport aux modèles classiques des secteurs privé et public.

Yacine Chibane

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