La Casbah, ce bijou architectural qui a connu plusieurs périodes et embrassé plusieurs civilisations, dont certaines ont laissé des traces matérielles et immatérielles, constituant aujourd’hui une identité et un patrimoine à préserver. 

Redonner vie, c’est voir renaître en milieu aride des mimosas et des rosiers.  Redonner vie ou revitaliser c’est enfin boire de l’eau après une longue traversé désertique. Et donc, revitaliser cette jolie petite ville dans la ville, c’est avant tout l’aider à retrouver ses esprits. Chaque endroit possède une âme que seul un autochtone peut réanimer.

Scientifiquement parlant, la revitalisation est une opération complexe qui vise à redonner vie à un territoire définit, à rétablir son bon fonctionnement afin de faire redémarrer la vie économique et sociale. Suit la rénovation urbaine avec des opérations plus ciblées et plus ponctuelles avec la collaboration des secteurs publics et privés. Cela dans la perspective d’inviter la participation citoyenne dans la concrétisation de la réintégration du quartier dans la dynamique de la ville.      

Toujours dans le cadre de la revitalisation de la Casbah d’Alger, une polémique nationale et internationale s’est constituée autour de ce sujet en 2018, à cause de l’attribution de cette action à l’architecte Jean NOUVEL. Beaucoup de spécialistes de différentes nationalités, à savoir architectes, artistes, et historiens, étaient contre sont intervention. Perçu comme un étranger, n’appartenant ni à ce patrimoine, ni à son mode de vie, va selon ces derniers, l’empêcher de retrouver l’âme perdu de ce lieu.

Les algériens de leurs côtés, habitants ou spécialistes, réclamaient le droit de pouvoir intervenir sur leur Casbah, d’être engagé dans la réanimation de cette belle ville dormante, et cela depuis un moment déjà.

Dès lors nous avons porté à notre intérêt toutes les initiatives concernant la Casbah, et c’est là que nous avons croisé El Fnardjia الفنارجية  le 21 décembre 2019,  un groupe de jeunes Casbadjis âgés de 14 à 25 ans, qui se sont lancés dans une nouvelle aventure et l’une des plus belles. Celle d’une start-up en faveur de l’exploitation du riche héritage de la casbah. Leurs appellation est une métaphore, du Fnardji d’avant ; celui qui allumait les lampes de la ville. Ils veulent ainsi réanimer la Casbah avec un certain nombre d’activités. Lui redonner ses couleurs et son esprit, par des visites guidées,la promotion des produits artisanales comme le dessin sur la céramique et l’organisation d’ateliers de démonstration et d’apprentissage.

Une autre initiative nous a marqué, c’est la formation d’un atelier appeler « Green studio » à l’école polytechnique d’architecture et d’urbanisme « Hocine AIT AHMED » d’Alger, dédiée à la revitalisation de la casbah à travers des projets architecturaux ponctuels et bioclimatiques. Ces projets mettent en valeurs, l’héritage architectural et les dispositifs environnementaux que les anciennes bâtisses de la Casbah avaient : le patio et les murs épais à forte inertie. C’est en quelque sorte en tirer des leçons et vouloir les ré-utiliser. 

C’était une aventure exceptionnelle qui a permis aux étudiants de donner libre court à leur créativité et de se familiariser avec le patrimoine avec une nouvelle vision : celle de l’innovation, de la préservation et la mise en valeur.

La Casbah, la ville de l’amour, de la solidarité et de la tolérance, symbole d’identité, de culture et de combats, s’effondre aujourd’hui, et appel  au secours d’un ton mélancolique, ne cherchant qu’à être protégée pour un jour pouvoir témoigner de nos origines, les Béni Mezghena. Aurons nous le courage d’essuyer ses larmes ?

Source : 
Définition revitalisation urbaine :RÉNOVATION URBAINE REVITALISATION URBAINE EN WALLONIE Ir. Michel DACHOUFE Directeur DGO4 – DATU – Direction de l’Aménagement opérationnel.

Sarah SALHI
Equipe Rédaction Nomad

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