Qui ne lui a pas déjà traversé l’esprit, en entendant le mot « Casbah », l’image d’une médina introvertie où régnaient une ambiance conviviale et un mode de vie prospère. 

Ce joyau culturelle inscrit au patrimoine mondiale de l’UNESCO, en 1992 avec ses maisons à patio, dont la dimension varie du palais jusqu’à celle de la simple demeure de l’artisan, qui formaient un tout harmonieux en respectant le droit à la vue sur la mer pour chaque implantation. 

Ses ruelles sinueuses ponctuées par des fontaines qui représentaient un symbole de sociabilité important, car c’est là où on se rencontre, on échange et on tisse des liens ; la vie des hommes se déroulait à ce niveau, tandis que celle des femmes se déroulait sur les terrasses connectées, là où on pouvait pratiquer ses tâches quotidiennes dans une ambiance de fête. 

L’activité artisanale, étant la seule autorisée à l’intérieur de l’enceinte, représentait une valeur culturelle et identitaire propre aux habitants de la casbah ; à chaque maison était dédiée une boutique donnant sur la rue afin d’exercer son métier d’art tout en animant l’espace extérieur, elles étaient l’âme qui fait vivre la casbah.

D’ailleurs les rues et ruelles étaient appelées « Znikat » et étaient thématisées par corps de métier qu’elle hébergeait, on passait de « Zniket Nahassin » où on achetait les fameux plateaux en cuivre richement décorés de chez les dinandiers, allant vers « Zniket Laarayes » pour se procurer la tenue traditionnelle propre à cette région. 

On se déplaçait sans hésitation pour pouvoir acheter « Saboun Dzair » tant convoité ainsi que le coffret de mariée en bois joliment peint de motifs arabo-andalous que chaque nouvelle mariée se devait de posséder pour son trousseau.

Ce noyau historique qui a commencé à se former sous la dynastie Ziride au Xème siècle a été témoin du passage de plusieurs civilisations laissant derrière elles une nouvelle empreinte par les modifications physiques et morales apportées, dont la dernière remonte à la période de la colonisation française. 

Depuis le début de la période Post-coloniale, c’est nous qui marquons le présent de la Casbah, mais avant nous eut un impact positif sur cette dernière ! 

Si aujourd’hui on décide finalement d’aller voir cette Casbah qu’on a tant imaginée, on se fait surprendre par un vécu complètement diffèrent. 

Les ruelles désertées, les friches à chaque tournant et les habitations à moitié démolies laissent entrevoir la richesse du décor des galeries permettant ainsi d’imaginer la vie qui s’y déroulait. 

Les boutiques qui furent florissant sont désormais quasiment fermées modifiant ainsi l’image de la casbah du siège d’un savoir-faire artisanal ancestral à un centre où sont éparpillés des artisans par-ci par-là dans des boutiques en ruines.

Même si la casbah continue de représenter la destination phare des touristes, ces derniers se font de plus en plus rares, et son classement au sein de l’UNESCO se voit en risque d’être dérobé, c’est pour cela qu’il faut agir en urgence en réhabilitant les habitations et en relançant les métiers d’art afin de promouvoir l’artisanat local et le tourisme avant de perdre ce symbole patrimoniale et identitaire avec un mode de vie authentique.

Feriel SAIDI
Equipe Rédaction NOMAD

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