Cultivée depuis l’antiquité, la caroube est un fruit qui s’épanouit généralement dans les régions méditerranéennes. Très connue et prisée en Kabylie, elle est cueillie lors de la saison estivale. Son arbre, le caroubier peut mesurer cinq à sept mètres de hauteur et fait partie de la famille des  fabacées. La caroube arrivée à maturité est de couleur marron foncé et mesure dix à trente centimètres de longueur. C’est un fruit coriace et dur.

A une époque pas si lointaine, elle était cueillie par les paysans kabyles pour être vendue à des usines et entreprises qui produisaient essentiellement du chocolat. En effet, les cultivateurs prenaient leur cueillette sur leurs fidèles ânes et partaient dans des hangars de stockage, chez les commerçants ou vers des fabriques afin d’épuiser leur collecte. Certains particuliers pouvaient cueillir et vendre jusqu’à 5 à 10 quintaux. Bien loin des grandes marques connues aujourd’hui, le chocolat à la caroube avait un arrière-goût local bien de chez nous.

La cueillette de la caroube était une véritable institution. Les familles allaient comme pour la saison des olives collecter ces fruits qui pouvaient servir à nourrir toute une famille. Les enfants et adolescents donnaient aussi de leur personne dans cette entreprise. Après collecte, ils allaient vendre leur tribut pour s’acheter quelques vêtements et chaussures…

La caroube pouvait aussi servir de nourriture aux animaux de la ferme (moutons, vaches, chèvres, ânes,…). Elle était pour certains le seul moyen de subsistance. En effet, pendant l’époque coloniale, la vie était dure dans les montagnes kabyles, la caroube a donc représenté (pour la majorité) un moyen de survie. On pouvait s’acheter de quoi manger pendant un temps. Il y a même ceux qui ont pu démarrer un élevage grâce à l’argent de la vente. En plus de ses bienfaits économiques, elle était aussi  affectionnée pour ses vertus digestives (il régulait les affections gastro-intestinales  et stoppait les diarrhées).

La caroube est un fruit très important en Kabylie. Il tient une place prépondérante dans le patrimoine kabyle. Avec les nouvelles technologies, la société qui surconsomme et les influences occidentales que le natif montagnard subit, il est de plus en plus difficile de se raccrocher et de protéger les éléments qui font sa particularité culturelle. Protégeons nos arbres, nos fruits et notre culture !

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