Les années nous viennent sans bruit, elles sont sournoises et fourbes, mais elles constituent une expérience naturelle et inéluctable dont les souterrains mensongers abritent la vieillesse et ses mépris.

Quand notre corps prend de l’âge et s’affaiblit, la maladie s’invite et nous détruit, notamment une des plus connues « l’Alzheimer ». Elle touche aujourd’hui plus de 50 millions de personnes dans le monde et plus 100 millions à l’horizon 2050. 

Comprendre la maladie et son origine :

Nommée en référence à Aloïs Alzheimer, médecin allemand décrivant la maladie comme une pathologie neurologique dégénérative d’évolution lente et progressive, incurable et responsable de troubles cognitifs évolutifs, vu pour la première fois en 1906. 

Appelée aussi maladie du troisième âge, sa fréquence augmente proportionnellement au vieillissement de la population. Elle affecte en premier lieu la mémoire, accélérant la dégénérescence des neurones, ce qui se traduit par une atrophie globale du cerveau, puis les autres fonctions cognitives du malade (le langage, la gestualité, les connaissances déjà acquises, la planification…).

Les formes les plus fréquentes se manifestent après 65 ans (forme tardive). Mais il existe aussi des formes d’apparition précoce caractérisée par l’émergence des premiers symptômes avant 60 ans. 

Les facteurs de risques sont essentiellement : l’âge ; le tabagisme ; l’hypertension artérielle ; le diabète de type 2 ; l’alcoolisme ; l’isolement social et la consommation de vitamine A et de flavonoïdes.

Quant aux principaux symptômes : on parle de perte de mémoire ; de désorientation spatio-temporelle ; une tendance à la fugue et à la déambulation ; une altération du langage et des troubles du comportement (anxiété, dépression, confusion, agressivité).

Une magnifique BD a été créée afin de mieux se renseigner sur le mécanisme de la maladie ou comme le dit si bien l’illustratrice scientifique et graphiste Flore Avram : « Plongée au cœur d’Alzheimer » dont le lien de la BD est : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/alzheimer-maladie/plongee-coeur-alzheimer 

Une journée mondiale assez spéciale :

En ce Lundi 20 septembre 2020, une compagne de prévention sera lancée sur les réseaux sociaux, dans le but d’informer le publique et de soutenir la recherche sur cette maladie dégénérative.

Cette année, le mois mondial de l’Alzheimer aura pour thème « Let’s talk about dementia » ou « parlons de la démence » campagne internationale menée par l’ADI ou Alzheimer disease international chaque septembre, afin de lutter contre la stigmatisation et la désinformation qui entourent la démence, de mise en évidence des problèmes auxquels sont confrontées les personnes atteintes. C’est donc l’occasion de démontrer comment surmonter ces problèmes et aider les gens à bien vivre avec cette pathologie.

La Société Alzheimer s’est engagée à travailler avec des partenaires sur la recherche et les campagnes mondiales, et à partager ses apprentissages, ses meilleures pratiques et son expérience. 

Sur Instagram, de nombreux influenceurs vont utiliser leur notoriété pour faire passer un message de sensibilisation. En mettant en place par exemple, un cours de sport sur le compte Instagram des fondations luttant contre la maladie afin de récolter des dons.

Soutenez la cause vous aussi sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #WorldAlzMonth sur Twitter.

Ne pas confondre Alzheimer et Parkinson !

Elles sont toutes les deux neuro-dégénératives, affectent le cerveau et donc le fonctionnement général du corps par une destruction lente des neurones, mais sont néanmoins bien distincts !

En effet, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, on parle de « démence » à cause des troubles cognitifs engendrés (troubles de la mémoire, du langage et du jugement, hésitations, perte des notions spatio-temporelles…). 

Concernant Parkinson, les tremblements des membres au repos, la lenteur et la raideur des mouvements sont plus caractéristiques, car la maladie n’atteint qu’une région particulière du cerveau.  

L’Alzheimer émerge en Algérie !

Selon une statistique fournie par la Société algérienne de neurologie et de neurophysiologie clinique (SANNC), 100 000 personnes sont atteintes par le syndrome d’Alzheimer dans le pays. Les neurologues insistent sur la nécessité de se préparer à une plus grande incidence de la maladie, dans l’avenir, en raison de l’allongement de l’espérance de vie et la baisse du taux de natalité.

Les Algériens sont très mal informés sur la maladie, pathologie presque méconnue sauf pour ceux qui ont des parents malades et qui se retrouvent seuls sans aucune aide pour prendre en charge un patient souvent importent, diagnostiquée dans la majorité des cas à un stade avancé.

Mais les temps ont changé, ils en sont désormais confrontés directement, car dès l’an 2000, un nouveau cas est rencontré chaque semaine, c’est ce qu’a soutenu le professeur Masmoudi, chef de service neurologie au CHU de Bab-El-Oued. Il accuse une certaine ambivalence quant à la manière d’appréhender ce qui apparaît comme une hausse de la fréquence de la maladie dans une société qu’on croyait préservée jusque-là contre ce mal.

Les neurologues établissent une étroite corrélation entre la prévalence, de plus en plus grande, de la maladie et le vieillissement de la population. 

“Dans quelques années, la proportion des personnes âgées sera plus importante dans le pays. Il faut que l’Algérie s’équipe à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer”, a préconisé le professeur Masmoudi.

«Matensanish», Association algérienne des personnes atteintes d’Alzheimer, de Parkinson et leurs maladies apparentées :

Mme Dalila Abdelli, présidente de l’association revient sur la problématique de la prise en charge en Algérie et des objectifs à l’origine de la création d’une association unique pour le moment. Elle précise que ce projet est né suite à un besoin énorme et presque vital de prise en charge pluridisciplinaire, à un manque d’informations symptomatiques de ces maladies et de leur évolution.

L’association dont le siège se situe à Blida, a pour but de répondre à des questions telles : comment adopter les bons gestes et y faire face ? Quel régime alimentaire favoriser ? Comment libérer la parole ? Comment échanger ses expériences ?

La sensibilisation et l’information du grand public, les proches et malades sont aussi primordiales. Sans oublier, l’importance de former et d’apprendre aux aidants comment soutenir un proche en situation de dépendance tout en se préservant du surmenage psychique et physique. La programmation des séances d’activités manuelles, des ateliers de mémoire et groupes de paroles au profit des malades de même catégorie sont considérés comme une occasion pour leur éviter l’isolement social et l’échange des expériences et des vécus.

Un groupe spécialisé sur les réseaux sociaux s’est imposé de lui-même pour servir de plateforme à tous ces besoins et interrogations. Il compte aujourd’hui plus de 6.400 abonnés : des conseils alimentaires y sont postés, les symptômes de ces pathologies, les dernières études et recherches scientifiques, des encouragements et des échanges de toutes sortes.

Pour tout renseignement, contactez l’association à l’adresse suivante :
100 Logements LSP, Bt B n°21, Ouled Yaich, Blida.
Numéro de tel : 0553604321

Existe-t-il des centres adaptés à cette pathologie en Algérie ?

Aucun centre spécialisé n’existe en Algérie pour soulager les malades et leurs familles. Les proches ont alors souvent recours aux neuroleptiques non dénués d’effets secondaires pouvant même accélérer l’évolution selon certains spécialistes.

Le centre de mémoire au CHU de Bab El Oued prend en charge, une fois par semaine, les malades en phase débutante pour des exercices de mémoire, une fréquence qui reste insuffisante pour espérer retarder l’évolution de cette terrible pathologie.

En quoi consiste le traitement ?

 Il n’existe pas de traitement curatif, mais seulement symptomatique pour assurer aux malades la meilleure qualité de vie possible en tendant à ralentir la dégradation des troubles cognitifs .

Les antidépresseurs, les neuroleptiques ou les antipsychotiques sont quelquefois proposés aux malades lorsque des troubles du comportement sont observés. Certains de ces psychotropes peuvent avoir des effets indésirables graves, et il faut limiter leur prescription.

D’autres pratiques non-médicamenteuses comme : l’Orthophonie, l’ergothérapie, kinésithérapie et la luminothérapie (l’exposition de malades à une lumière vive) sont aussi utilisées.

Il faut savoir aussi que la maladie n’est pas en soi mortelle, selon le Pr.Ceccaldi :

« Il existe de nombreuses variations d’un sujet à l’autre, mais on estime aujourd’hui en moyenne à 10-12 ans l’espérance de vie d’un patient dont le diagnostic de la maladie a été posé à un stade de démence« .

Donc On ne meurt évidemment pas de l’Alzheimer, mais de l’âge et des complications de santé. 

Les enjeux de la recherche :

Le lundi 14 septembre, Cassava sciences (entreprise scientifique américaine et société de biotechnologie) a annoncé autour d’une conférence que son médicament ‘le sumifilam’, avait donné des résultats positifs dans le traitement des patients atteints de la maladie d’Alzheimer dans une étude de phase 2.

Un réel espoir aux patients atteints et aux personnes ayant des antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer. L’étude de phase 2 a montré que parmi 64 patients, ceux traités avec le sumifilam présentaient des améliorations dans de multiples biomarqueurs par rapport aux patients traités avec un placebo, ainsi que des améliorations des tests de mémoire, bien que ces résultats ne soient pas statistiquement significatifs.

Mais l’essai n’a été testé que sur 64 patients sur une période de 28 jours. La maladie d’Alzheimer peut être extrêmement lente et il faut souvent des mois, voire des années, pour constater une différence dans les symptômes.

Une vaste étude de phase 3 sera menée sur une période de plusieurs années.

La mise au point d’un test de diagnostic de la maladie d’Alzheimer est aussi en cours par la prise de sang qui peut identifier les personnes à risque ou celles qui en sont aux premiers stades de développement de la maladie avant même que les symptômes ne se manifestent.

La bio-informatique, elle aussi devrait dans un futur proche aider à identifier les grandes voies biologiques impliquées dans la maladie d’Alzheimer.

Sabrina Graine

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