Chaque année, le 8 septembre est l’occasion de faire le point sur les progrès de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture à travers le monde. Au cours des dernières décennies, des progrès ont été accomplis. Mais la pandémie de COVID-19 menace de les compromettre. Durant la période de confinement, l’éducation de 91% de la population scolaire mondiale a connu un coup d’arrêt et cette rentrée est placée sous signe de l’incertitude.

Combien de personnes sont illettrées aujourd’hui en Algérie et quel est leur profil ?

Le taux d’analphabétisme a reculé à 8,71% en Algérie selon les dernières estimations fournies par l’Office national d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes (ONAEA), publiées à la veille de la journée internationale de l’alphabétisation.

Ces dernières années, le taux d’analphabétisme a nettement baissé en Algérie passant de 22,3% en 2008 à 13,91% en 2014, et de 10,16% en 2017, à 9,44% en 2018.

Ces chiffres résultent d’un travail « sans relâche » né de la « stratégie national d’alphabétisation adoptée depuis 2008 », a expliqué le directeur de l’ONAEA, Kamel Kherbouche, cité par l’agence officielle APS lundi.

Selon le même responsable, le nombre d’inscrits dans les classes d’alphabétisation a atteint, depuis le lancement de la stratégie, 4,54 millions d’apprenants; dont la majorité de sexe féminin, soit 87,07%. Lors de la session 2019/2020, un total de 386.578 apprenants se sont inscrits ou réinscrits.

Parallèlement à l’enseignement obligatoire pour tous, lequel est destiné aux jeunes Algériens et Algériennes dont l’âge varie entre 6 et 15 ans, les cours d’alphabétisation ciblent particulièrement les femmes dans les milieux ruraux et défavorisés, ainsi que la population carcérale, les handicapés et les nomades.

Au programme, les personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école en étant enfant, ont droit à des leçons de lecture et d’écriture (en langue arabe et amazighe pour certaines régions) ainsi que le calcul.

Pour le professeur BouridenDjebar membre de l’association voix de l’enfant Bejaïa : « le phénomène de l’analphabétisme en Algérie est un héritage historique négatif du colonialisme, qui a affecté le rythme du développement et des progrès en Algérie, et afin d’éliminer ce problème, l’Algérie a enrôlé des écoles, des universités et des centres d’alphabétisation pour enrayer ce phénomène. Ils ont prouvé leur supériorité en obtenant un baccalauréat et en accédant à des sièges universitaires, ce qui reflète l’intérêt du pays et son insistance à éduquer les inscrits dans les centres d’alphabétisation, en particulier les départements spéciaux situés au niveau des centres de rééducation, tout cela doit être valorisé et renforcé à l’avenir avec des mécanismes nouveaux et efficaces ».

Quant à ce qui est lié aux programmes, d’après le Professeur Djebar « ils doivent être revus par les organismes compétents afin de les adapter au niveau des apprenants, car dans de nombreux cas, il dépasse leur niveau, en particulier le premier niveau, dans lequel il y a un rassemblement de tous les groupes sans prendre en compte les différences mentales et les gains tribaux de chaque individu ».

« La mise en œuvre de ce programme est difficile au vu du volume horaire qu’ils étudient, et ceci est dû au manque de salles d’alphabétisation. Souvent les cours sont dispensés dans les écoles élémentaires lorsque les salles sont vacantes et cela ne suffit pas », ajout-il.

De ce faite le professeur Djebar a mis différents suggestions pour améliorer certaines choses : 

– Création de centres spéciaux d’alphabétisation dans chaque commune afin de permettre à ce groupe d’étudier le volume horaire qui leur est attribué.

– Fournir des moyens matériels et humains, et donner au problème de l’alphabétisation une dimension culturelle et fonctionnelle pour qu’il ne reste pas l’otage de l’enseignement de l’ABC de la lecture et de l’écriture, et cela à travers la garantie par l’Etat de cette catégorie dans la phase post-analphabétisme.

– Crée des associations spécialisées dans le domaine de l’éradication de l’alphabétisation et la soutenir financièrement et moralement par l’Etat.

– Soutenir les mécanismes d’attraction de ce groupe à travers les différents médias et associations actives dans ce domaine.

– Revoir les programmes existants pour s’adapter au niveau réel des apprenants.

– La nécessité de fournir des postes permanents aux enseignants afin de leur permettre d’accomplir pleinement leurs tâches.

– Formation d’enseignants spécialisés en alphabétisation (formation pédagogique, éducative, psychologique…).

– Mettre en place des inspecteurs permanents pour contrôler l’efficacité et l’efficience des résultats scolaires des enseignants.

Photo: APS.

SONIA.HA

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