Hier soir, le 02/05/2020, une étoile du ciel algérien s’est éteinte à jamais, laissant derrière elle une Algérie morose fredonnant sans cesse les paroles qui ont bercé la vie de tant d’algériens : «  A Vava Inouva… »

Une source d’inspiration :

Suite à l’annonce du décès du grand Idir sur sa page Facebook officielle, les réseaux sociaux se sont enflammés de jeunes artistes exprimant leur chagrin à travers des coups de pinceaux abattus ou interprétant, les larmes aux yeux, ses paroles lourdes de sagesse ; ou de simples fanatiques portant le chanteur dans leurs cœurs qui ont reposté ses chansons en hommage à sa mémoire.

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Idir, plus qu’un chanteur :

Sous le fameux nom de scène Idir, se dissimule un simple fils de berger au nom de Hamid Cheriet qui est né dans un village des hauts monts de Djurdjura et qui rêvait d’aller chercher du pétrole dans le sud mais qui s’est retrouvé, une fois, par pure chance, remplacer la belle Nouara pour qui il a composé la fameuse berceuse « Ersed a Yides », sur la radio algérienne. Et depuis, flûte à la bouche et guitare à la main, le grand Idir a férocement lutté pour répandre amour et espoir, et a veillé à ce que les majestueuses montagnes de la Kabylie entassées de neige et brûlées par le soleil ardent soient connues de tous.

Et c’est ainsi que la fameuse berceuse « A Vava Inouva » fût traduite en plusieurs langues et devînt un hymne à l’amour et à la paix, chanté encore avec tant d’émotions même âpres 44 ans de sa sortie.

Ce modeste chanteur, auteur-compositeur-interprète et musicien, ami des stars, dont la voix s’est mélodieusement mêlée à celle de plusieurs autres chanteurs pour donner naissance à d’envoûtantes chansons, n’a pourtant jamais abandonné les artistes naissants de son pays et a tendu la main à plusieurs d’entres eux pour les aider à se lancer, à l’instar de Ali Amrane.

Avec une zen attitude et une présence imposante, Idir a réussi là où la politique et la sociologie ont échoué, Idir a chanté pour toutes ces mères qui ont perdu leurs enfants, pour toutes les femmes qui, en l’absence de leurs maris, ont dû se retrousser les manches et prendre leur destin en mains et pour la jeunesse de son pays regorgeant de potentiel malheureusement opprimé mais qui continue à briller fort malgré tout.

« Comme je suis effrayé par la tristesse de la mort » :

« Chez nous, en Afrique du nord, on ne meurt pas, on devient invisible de façon à revenir voir les gens qu’on aime à chaque fois qu’on le désire… »

Idir, ce surnom choisi à la hâte, lorsqu’on lui demanda son nom après son premier passage à la radio algérienne, veut dire « Il vit »… Et c’est ainsi que Idir, va continuer à vivre et à briller comme une étoile qu’on oubliera jamais. Ses chansons, nous les chanterons et sa lutte, nous la poursuivrons jusqu’à ce que nous allions briller à côté de lui et des milliers d’autres étoiles.

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