Tout d’abord, il est important de savoir séparer les notions générales principales dont les concepts que nous allons étudier découlent : 

Dichotomie : Opinion VS Attitude 

Opinion

Une opinion est un amas de pensées synthétisé à partir de l’analyse d’un phénomène, réalité  ou passage ; elle n’a pour but que de sculpter la perception de l’individu sur le monde et lui aiguiser ses outils intuitifs, (à contrario du préjudice qui est le fruit d’une idée figée, et du discours haineux qui vise à altérer la réalité par la violence verbale). Une opinion est, par définition, séparée du comportement de par sa relation intime avec la pensée et non avec l’action. Elle est souvent nuancée par des verbes d’opinion (lorsqu’elle est verbalisée). Ex:

  • Je trouve que ce livre est parsemé d’idées reçues sur le XIXe siècle.
  • Je pense que ce serait une bonne idée de séparer l’art de l’artiste.

Attitude

Une attitude est le comportement ou la réaction immédiate de l’individu face à un stimulus ou à un contexte donné de la vie réelle. Ex:

  • Imene vient de balancer une blague après avoir entendu le mot nebboula.
  • Ryan a répondu à la question en disant ce qu’il pensait de l’incident de la centrale de Tchernobyl.  

En ce sens, elle est pragmatique car elle a pour but de provoquer un changement, une altération dans le monde (action–> réaction).

L’opinion est une pensée, le comportement vient lui aussi d’une pensée, mais pas aussi élaborée ou synthétisée. Le comportement humain peut provenir d’une impulsion, d’un instinct ou d’une intuition. (À noter que le comportement n’est pas toujours physique).

Dichotomie : subjectivité VS violence

Subjectivité

La subjectivité (dans le discours ou dans la pensée) est le fait d’évaluer une situation (verbale ou non) selon une vision propre au penseur, elle en est façonnée, voire construite inconsciemment au fur et à mesure dans son esprit. Elle est souvent accompagnée (lorsqu’elle est verbale) par des adverbes de degré et d’intensité.

Ex : Les arabes sont tellement beaux ! (On peut déduire que la personne a eu des échanges antérieurs avec des personnes de type arabe et a trouvé leur apparence agréable au regard).

Une opinion est, bien évidemment, toujours subjective car indissociable du penseur.

Violence

La violence rentre dans le Spectrum du comportement (verbal ou non), mais dont l’intensité est si poussée que son effet immédiat est souvent négatif, voire dévastateur sur l’individu ou son entourage. Son but unique est de faire proliférer un sentiment hautement négatif : la haine.

Ex : Le discours haineux est une forme de violence verbale.

De dire que la violence est subjective serait impertinent, la violence est avant tout une violation de l’intimité et de la liberté d’un individu d’exercer un droit. Elle est donc punie par la loi, pas par la philosophie ou la sociologie, qui elles ne font que l’observer et la catégoriser.

À ce stade, certains lecteurs ont déjà deviné le déroulement de cet article de par leur aisance à distinguer entre un concept et un autre ; pour les autres, cette suite est pour vous.

Démantèlement du terme « homophobie »

Étymologiquement, « homo-phobie » se définit par : peur irrationnelle de l’homosexualité, et logiquement, peur des homosexuels.

Bien que certains individus que nous avons interrogés admettent avoir peur ou éprouvent une sensation de malaise à la vue d’un homme déguisé en femme, ou d’une femme déguisé en homme, l’habillement travesti n’est pas constitutif de l’homosexualité, il en est même entièrement séparé. 70% des homosexuels admettent que se vêtir de vêtements de l’autre sexe ne les intéressent pas. 90% des travestis sont en fait attirés par les femmes.

D’autres encore avouent avoir une peur irrationnelle à l’idée de voir deux hommes s’embrasser ou encore deux femmes. Nous avons élucidé cette peur en la remettant à n’importe quelle peur visuelle : trypophobie (malaise inconditionnel de voir des petits trous), le vertige (peur d’être face à des hauteurs), ou encore d’autres peurs qui ne sont pas forcément expliquées par la raison, ou par l’étude de la pensée. Néanmoins, la peur suscite un comportement impulsif : contorsion des bras, crispation, voire même cris et fuite. Avons-nous déjà remarqué un tel comportement auprès de ces « homophobes » ? Non. Leur expression choquée, mal à l’aise, voire dégoûtée, n’est pas du tout un signe de peur, mais un signe de révulsion. La phobie stimule un instinct de survie, le dégoût n’en est pas un. L’homophobie a donc un sens très faible sémantiquement.

Glissement 

Bien entendu, afin de faire perdurer cette nominalisation, l’homophobie a été sujette à des glissements de sens : De la peur, nous sommes passés au rejet de l’homosexualité comme minorité indissociable de la société, inhérente au monde et expressive de la diversité humaine, faisant ainsi du terme un paradoxe, du fait qu’il ne signifie plus du tout ce que son étymologie laisse croire ni ce que le corps social en fait, mais qui est toujours utilisé.

Opinion ou discours haineux ?

Cela dépend. Ici, il y a, une fois  encore, une problématique. L’homosexualité est une orientation qui a existé et dont les premiers vestiges remontent à l’antiquité, et là, nous parlons de l’expression homosexuelle explicite, c.-à-d. des personnes qui, comme certaines aujourd’hui, ont ressenti le besoin de s’imbiber de leur orientation et d’en faire toute leur identité, voire une sorte de rébellion antique pour certains. L’homosexualité « normale » consiste en deux individus du même sexe qui sont attirés tant romantiquement que sexuellement l’un envers l’autre. Il n’y a pas beaucoup de traces laissées par ces individus pour la même raison qu’il n’y en a pas laissées par des individus hétérosexuels (sauf pour les progénitures) : parce qu’ils n’en faisaient pas une raison de vivre. Entendons-nous bien que les archives que nous avons concernaient les homosexuels les plus ostentatoires seulement. De nier l’existence de l’homosexualité relèverait donc de l’ignorance, pas de « l’homophobie ». Le conseil pour ces gens-là seraient d’aiguiser leurs recherches, pas d’accepter une chose qui n’existe pas pour eux et qui est donc naturellement réfutable à leurs yeux. Encore une fois, le terme « homophobie 2.0 » nous fait faux bond.

Culture/religion 

Le rejet ou le déni de l’homosexualité peut aussi être retracé et relié à la culture ou à la religion.

Culture

Dans ce cas de figure, la culture d’un pays, d’une nation n’est pas discutable et n’est pas négociable. La culture est un concept si profond qu’il transcende toute sexualité et tout dictât de la société, aussi bien hétérosexuel qu’autrement. C’est cette transcendance des mœurs vers un lien spirituel qui fait que toute pratique extérieure ne soit pas reconnue, ou plutôt ne soit pas pertinente. Cela étant dit, la culture peut être dépassée, elle peut être mise à jour et même réformée. La culture a des côtes synchroniques, d’autres diachroniques. Mais la culture reste un héritage, un patrimoine.

Religion

La religion a pour but d’élever l’humain de son statut primaire à son statut spirituel, nonobstant les personnes en désaccord. Il y a une différence non-négligeable entre la religion et le religieux. La religion et ce que l’on en fait est diffèrent (prochaine dichotomie ?) et lorsqu’un individu est contre l’homosexualité parce que ses convictions religieuses l’y ont mené, aussi fausses ou mal comprises qu’elles soient, c’est le devoir de tout un chacun de respecter le choix de ce dernier.

Opinion ou attitude ?

Ex : Imene est contre l’homosexualité et a un ami homosexuel qu’elle aime beaucoup et respecte. Aucune contradiction dans ce propos, aucun rapport d’opposition ! L’harmonie entre l’opinion négative d’un individu et de son comportement avec la personne impliquée est à 100% possible… si l’humain n’était aussi subjectif, et s’il arrivait à séparer toutes les contradictions qui le nappent d’un voile sombre et brouillé. Comme on dit en Algérien : « binou ou bin moulah, ou lahdith qyess. »

Enfin, passons à la dernière mutation à laquelle « l’homophobie » a été sujette, qui est qu’elle est passée de rejet à haine.

La haine

La haine est un mot très fort à ne pas employer avec légèreté. La haine conduit à la violence verbale ou physique car c’est un sentiment intense et très primale, loin des pensées élaborées et civiques qui mènent à la formation d’une opinion. La haine est toujours le dénominateur le plus fort mais même elle-même germe à partir de mécanismes psychologiques parfois inconnus pour le perpétuant lui-même.

Saviez-vous que la haine des gens pouvait être causée par…la peur ?

Et oui, le terme « homophobe » est partiellement ravivé dans ce chapitre du fait qu’il partage une origine qui est la peur. La peur de quoi ? Selon le professeur adjoint en psychologie de l’université de Floride A.J, Marsden, le différent, particulier ou minoritaire peut susciter une réaction de peur, concrétisée en violence verbale et parfois même physique. Cette peur peut être transposée à toutes les minorités dans le monde, une personne haineuse est, ironiquement, inclusive et déteste tout le monde. Rares sont les cas de haineux exclusifs à l’homosexualité.

Saviez-vous aussi que la haine des autres peut venir de la haine de nous-mêmes ?

Une personne opprimée par son propre cerveau, emprisonnée par ses propres chaînes, et humiliée par son propre conscient peut avoir un besoin vital de soulager son échec en rabaissant les autres personnes qui vivent un style de vie ou un mode que l’individu frustré estime meilleur, meilleur que son mode de vie à lui-même barricadé et vaincu par son propre ça, ou surmoi.

Ce comportement, souvent violent, haineux et hypocrite, est souvent le seul moyen pour l’individu haineux d’avoir l’illusion de reprendre du pouvoir et de contrôler sa vie. Il est à la merci de ses pulsions et de ses peurs. Peut-être est-il lui-même homosexuel ? Peut-être a-t-il une expérience traumatisante avec une personne dite homo, peut-être même que son problème n’est pas du tout son homosexualité, mais une peur enfouie qui ressort sous forme de haine pour tout le monde, homo et hétéro confondus ? Ici, la science s’arrête à la spéculation, car chaque être humain est un cas différent de l’autre, pour bien le comprendre, il faut bien l’étudier.

Hate Crimes

Les crimes légalement appelés Hate crime, ou crime haineux, sont commis par des criminels avant d’être commis par des « homophobes », leur solution est la thérapie pour leur éradiquer leurs pulsions criminelles, violentes et récidivistes, ainsi qu’une immersion dans leur mental pour comprendre l’origine de cette haine/peur. Bien entendu, la prison est obligatoire. Un crime reste un crime, qu’il soit hétéro n’en amoindrit pas la gravité, et les hétéros eux-mêmes ne sont pas épargnés, toute sexualité confondue. La psychologie ne reconnaît pas la présence d’homophobie dans le mental de l’humain, mais de mécanismes beaucoup plus complexes qui marinent dans le cerveau profond.

En conclusion, catégoriser le monde en homophobe ou pas homophobe donne naissance à beaucoup de problématiques y compris celles que nous venons d’aborder. Cette vision est réductrice et simpliste, elle est placardée sur le front de gens dont l’opinion diverge des autres, ou dont le comportement peut être à tendance froide ou chaude, mais qui ne viole en aucun cas le droit fondamentale de la personne à exercer ses libertés et ses droits d’humain, et de citoyen, et là ce qui pourrait se passer serait en fait une discrimination inversée. Le respect prime sur tout le reste.

Mehdi MFD

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