Bien que nous ayons accédé à  l’indépendance depuis plus de 58 ans, la réconciliation des Algériens avec leur  histoire récente demeure encore un vœu pieux. En effet nous ne sommes pas encore arrivés à regarder notre histoire avec la lucidité, le calme et le recul nécessaire.

Ceci s’explique en grande partie par une grande longue guerre qui a laissé des séquelles et des blessures qui ne sont pas cicatrisées. Beaucoup d’événements marquants de cette période, qui a marqué des générations entières, sont encore tabous. On ose plus les évoquer afin de ne pas éveiller les vieux démons.

L’exemple le plus édifiant pour illustrer ce propos est l’interdiction par les autorités algériennes  de la projection du dernier film de Bachir Derrais sur le grand héro Larbi Ben Mhidi. 

La légitimité historique comme fond de commerce:

Outil de légitimation du pouvoir depuis l’indépendance, notre glorieuse révolution  n’a pas échappé à son instrumentalisation par toutes les chapelles politiques ainsi qu’aux  clivages idéologiques qui traversent la société algérienne.

À titre d’exemple la déclaration du 1er novembre 1954, acte fondateur de la république algérienne,  affirmant l’objectif de la fondation d’une république démocratique et sociale dans le cadre des valeurs islamiques est interprété par les islamistes comme argument pour affirmer le caractère islamique, alors que les laïcs le considère plutôt qu’un élément fédérateur du peuple.

Mais au-delà de ces clivages et des lectures différentes des événements, faits généralement à postériori, certains avancent des thèses farfelues, biaisées et manquant d’objectivité. La dernière en date, celle du professeur en histoire à l’université d’Alger Mohamed Lamine Belghit attribuant le déclenchement de la guerre de libération nationale à l’ancien président égyptien Djamel Abdennacer n’a pas suscité une grande indignation. A part quelques réactions sur les réseaux, on n’a pas eu écho d’une réaction officielle du ministère des moudjahidin ou d’un quelconque membre du gouvernement.

Venant à quelques jours de la fête de l’indépendance et de la restitution des crânes des résistants algériens du 19ème siècle, cette déclaration aurait dû susciter un tollé général. 

En effet Attribuer le déclenchement de notre guerre de libération à la volonté d’un dirigeant étranger est une insulte à la mémoire des martyrs et une falsification flagrante de notre histoire. C’est aussi une méconnaissance totale du peuple héros.

Les crânes restitués sont une preuve que la flamme de la résistance ne s’est jamais éteinte tout au long des 132 ans d’occupation française. Krim, Ben Boulaid, Boudiaf et cie peuvent se retourner dans leurs tombes. Venant d’un professeur d’histoire à l’université d’Alger, cette affirmation pose des interrogations quant aux sources, aux objectifs de telles affabulations.

Le rôle de l’Égypte et de son leader pendant la révolution est un sujet controversé. S’il est généralement admis que l’apport égyptien il n’en demeure pas moins que les relations entre les autorités égyptiennes et les dirigeants de la délégation extérieure n’ont pas toujours été cordiaux. Les nationalistes n’ont jamais admis ni l’immixtion ni les velléités de tutelle égyptienne sur notre révolution. Et comme conséquence immédiate, ce fût  déplacement de siège de la délégation extérieure vers Tunis. 

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