Tristesse,  mélancolie,  déprime, mauvaise passe, coup de blues ; vivre sous l’emprise du pessimisme, ou être grandement déçu ? Tant d’expressions et mots pourraient signifier  l’état psychologique chaotique  dans lequel on est  macéré, et que l’on arrive même pas à réprimer ou même à évacuer… . 

Le remède?

Eh bien le remède peut, s’avérer ahurissant, il consiste à combattre le mal par le mal! Notre motivation nous mène à écouter la musique triste (les chansons tristes) quand on éprouve de la tristesse. Est-ce farfelue ? La raison est à la fois simple et compliquée. Simple car le but, systématique, est de ressusciter la bonne humeur et la joie. Compliquée parce que le mécanisme  revêt des complexités, c’est aussi « le paradoxe de la tragédie ». 

On croit que la musique triste rend  l’âme viscéralement triste, qu’elle ne fait qu’amplifier le mal. Même notre raisonnement pourrait chatouiller l’idée que c’est la musique joyeuse qui remonterait le moral. Mais ce n’est pas tout à fait vrai, pas à tous les coups, les sciences (cognitives) affirment autre chose. Tel est le paradoxe !

Le pouvoir de la musique triste

Qu’est-ce que la musique triste ? Sinon cette espèce de tonalité, au rythme lent, composée avec des accords mineurs, qui suinte de l’instrument pour  imprégner et bercer délicatement notre cerveau, engendrant par la suite des émotions positives, tellement positives que les hormones s’en mêlent, chez les auditeurs.

Puis à la délicatesse musicale, vient l’éblouissement de l’agencement des mots : les paroles touchantes, poignantes, émotives. Cette narration qui nous bifurque aveuglement vers des sensations fortes, l’espoir d’un meilleur futur proche, et procure confiance et bien-être. Si la  musicalité est le plus souvent matérielle, revêt des mystères que la science essaye d’éclaircir à propos de son impact sur les auditeurs et est plus difficile à cerner ; les paroles, au contraire, se tissent  sémantiquement, surgissent du langage humain, elles sont dites d’une manière ou d’une autre, mais toujours dites expressivement, humainement et sans énigmes, c’est pourquoi l’osmose du texte et de la musique ; de la voix et de l’instrument ; de l’explicite et de l’implicite amplifie le bonheur,  mais comment ce bonheur est suscité ? La science nous répond!.

Que dit la science sur la musique triste ?

Quand on est triste, mélancolique, déprimé, en somme dans un environnement insoutenable deux alternatives s’offrent à nous, concluons-nous. Soit on recherche la consolation d’un·e ami·e, de sa famille, sauf que parfois, pour une raison ou une autre, on s’en prive. Soit on se réfugie dans la musique,  c’est alors que la musique remplace l’irremplaçable, et nous donne l’envie incessante d’écouter, en boucle, notre playlist au registre triste.  

Cette consolation s’opère concrètement comme suit : la mémoire associe la chanson triste qu’écoute la personne concernée  à des souvenirs, autrement dit, à des personnes ou événements, provoquant ainsi une nostalgie réconfortante. De plus, la musique accroit les émotions, comme la tristesse, alors en dégageant cette tristesse, l’âme se libère des émotions négatives, ce qui va générer de l’apaisement et de la  tranquillité. C’est ce qu’on appelle  l’effet cathartique. Un autre avantage pertinent, la musique triste pourrait mettre notre état d’âme en commun avec celui instauré dans l’histoire de la chanson, alors on s’identifie, on se compare, on se sent compris, on perçoit qu’il y a d’autres gens, comme nous ou pire, vivant sous le joug de la tristesse. Par conséquent cela nous rassure, nous soutient, nous fortifie. Enfin d’un ordre physiologique (neurochimique), et selon David Huron professeur à School of Music et au Center for Cognitive and Brain Sciences de l’Université d’état d’Ohio,  l’hormone du réconfort, appelée scientifiquement prolactine, est vite déversée dans le sang  lorsque le sentiment de tristesse est provoqué par une chanson triste, cette hormone aide les personnes tristes à surmonter les épreuves difficiles. Il disait que  la prolactine est un peu comme Mère-Nature qui vous prend dans ses bras, vous console, et dit « Voilà, voilà, c’est fini.« 

Une dernière pour la route… de la mélancolie

Si la prolactine  est ce rempart qui nous protège des événements tragiques, la musique est cette âme sœur qui nous enseigne les mystères de la vie, nous donne des leçons sur l’amitié, l’amour et le développement personnel, elle nous tend, surtout, la main quand les autres nous abandonnent. La musique, tout comme, la littérature et la poésie, remplace l’irremplaçable.

                                                                                                                  SAMY LOUCHENI

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