Interrompue brusquement, l’année scolaire 2019-2020 est en suspens depuis mars dernier; Les étudiants se sont vus refuser l’accès aux facultés, vu les risques de contamination encourus et ce jusqu’à la prise de décision du ministère de l’enseignement supérieur il y’a quelques jours, de la reprise certaine des études fin août prochain.

Une sentence dont les premières brèches étaient apparues mai dernier et de laquelle les étudiants étaient au courant. Seulement, est-il bien sage de s’en tenir à ce verdict, sachant que le nombre de contaminés ne fait qu’augmenter ces dernières semaines ? Des précautions sanitaires fiables seront-elles réellement mises au point pour la sécurité des étudiants ? En cas d’échec de cette reprise, les autorités sanitaires locales, auraient-elles un second plan ? Une alternative moins risquée ? Tant de questions sans réponses satisfaisantes ni claires que se posent des étudiants anxieux depuis le début du confinement.

Une coupure de six mois et une reprise difficile : 

Le dépaysement des étudiants ne jouera bien évidemment pas en leur faveur lors de cette réouverture risquée des amphithéâtres. Il n’est nul besoin de souligner la triste amertume qu’a insufflé la vague du Coronavirus au moral des étudiants; cloîtrés depuis plus de quatre mois dans leurs habitats et n’ayant pour compagnie que peur et anxiété, avec l’incapacité de se remettre dans le bain des études car les listes de cours revues ne leur ont été communiqués que la semaine passée. Un véritable parcours de combattant attend donc ces malheureux qui, en plus de subir un bourrage de crâne tout le long de juillet-août, devront s’armer de courage et de précautions pour faire face à la reprise incongrue de cet été.

Une décision irréfléchie ou la peur du spectre d’une année blanche qui se profile ? 

Une deuxième vague plus meurtrière du Covid-19 s’est invitée en Algérie. Les bilans quotidiens sont de plus en plus alarmants et la plus part des hôpitaux capitulent face à ce fléau auquel ils n’étaient décidément pas préparés. D’ailleurs une grande majorité de patients sont contraints de se soigner chez eux faute de places à l’hôpital. Les statistiques parlent d’une incapacité totale à contenir le virus, ce qui a déjà été vu aux USA, en Espagne, en Italie et en France. En plus de ce bilan terrifiant, se profilent des sentences insensées, comme la reprise des cours dans toutes les facultés de l’état; une mesure qui en fait pâlir plus d’un, compte tenu de la prolifération du Covid-19 et de l’absence quasi-totale de prévisions quant à l’évolution des chiffres des contaminés durant les prochaines semaines.         

La reprise n’est donc pas sans crainte, au contraire elle s’avère même hautement risquée. Seulement, le ministère semble ne pas avoir de choix; décidé à tout prix à éviter l’année blanche, ce dernier a même mis en place certaines mesures préventives. 

Le protocole mis en place lors de la rentrée de ce mois d’août 2020: 

Un protocole qui semble avoir été étudié mais qui laisse beaucoup d’étudiants septiques. Il s’agirait de certaines mesures – que voici – à respecter une fois que les cours auront repris :

  • 2 étudiants par chambre (ou moins) si le nombre de la promo n’est pas très important (Cité universitaire).
  • Les bus des facultés se limiteront à transporter 50 étudiants ou moins. 
  • 1000 médecins et quelques 500 infirmiers seront à la disposition des étudiants. 
  • Des fiches de santés devront être faites par les étudiants, informant de leur état de santé. Les étudiants à la santé fragile devront le mentionner.
  • Une inspection minutieuse des cantines et des produits de consommation sera également mise au point. 

Des précautions que le ministère de la santé a validé ce 8 juillet 2020, mais dont les retombées ne restent que théoriques en attendant de les appliquer sur terrain. 

Le silence des étudiants : 

Une inquiétude s’empare des groupes d’étudiants sur les réseaux sociaux et pourtant leur réplique reste muette. Conscients pourtant des risques qu’ils encourent une fois sur place, il semblerait que la peur d’une année blanche fige leurs décisions, même s’il y va de la préservation de leur santé et de celle de leurs proches. 

En attendant d’y voir plus clair, ces derniers se raccrochent à l’espoir frêle de la régression du virus, même si rien ne tend à aller dans ce sens. 

Courage et soutien aux étudiants et à l’état dans la lutte commune qu’ils s’apprêtent à vivre prochainement, avec l’espérance d’un plan B efficace en cas de fâcheuses suites !

                                                                           Bouherid Anissa

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