L’été 2020 se déroule dans un contexte exceptionnel et déjà ardu à cause de la pandémie du COVID-19.Ces derniers jours, les pompiers tirent encore une fois la sonnette d’alarme : les feux de forêt font ravage.Cet invité indésirable s’impose chaque année pour réduire en cendres des milliers d’hectares de végétation, laissant ainsi un décor des plus désolants. Affectant la faune et la flore des zones forestières et des maquis, sans omettre les autres conséquences néfastes sur l’environnement.

Dans les dernières heures de la journée d’hier, plusieurs incendies ont déjà ravagé des terres, notamment dans les wilayas de Bejaia, Sétif  et Médéa.

Une dizaine de départ de feux ont été enregistrés dimanche à travers plusieurs localités de la Wilaya de Béjaia :AmaratBarbacha, Amizour ,Adekar , benimaouche … Huit des feux ont été maîtrisés et deux  sont toujours en cours.

90% des incendies d’origine humaine

Selon une étude établie par la FAO, les feux de forêt dans le bassin méditerranéen sont, dans leur majorité, provoqués par l’homme. Les causes naturelles ne représentent qu’un faible pourcentage (de 1 à 5% en fonction des pays), et ce, contrairement aux autres parties du monde où l’origine naturelle est prédominante. Dans un autre rapport du même organisme, on peut lire que selon les statistiques officielles algériennes, 80% des causes des feux de forêt sont inconnues et, pour les 20% restants, elles tendent à proposer d’autres interprétations, comme «l’origine naturelle».

La crainte liée à l’épidémie

Dans ce contexte très inquiétant, l’épidémie du Covid-19 ne va pas simplifier la tâche des pompiers, garde forestiers, médecins et tous les acteurs concernés qui font déjà face à une guerre biologique mondiale.il est pus que nécessaire pour nous d’ être responsables en respectant les consignes.N’ajoutons pas une crise à la crise sanitaire !

Gestion des incendies en Algérie, action préventive peu efficace et manque de moyens de lutte

La politique de prévention et de protection contre les incendies de forêt a été mise en place progressivement depuis les années 1980.Cependant, cette politique n’est pas à jour et n’a pas pu faire face à la prolifération de ce phénomène et à la propagation des feux de forêt chaque année et surtout avec l’évolution des terrains et l’action démographique.

La communication et la sensibilisation peuvent jouer un grand rôle dans la prévention des feux de forêt. Que ce soit de la part des autorités compétentes ou les associations de la société civile .Ces actions concernent surtout les populations des agglomérations proches des milieux forestiers, et la définition d’une stratégie multisectorielle dans ce sens est primordiale. La stratégie doit impliquer et assurer la participation des différentes structures dans la lutte contre les feux de forêt en fixant leurs obligations. Actuellement, les principaux acteurs sont la Protection civile et les services forestiers ainsi que la population (compris les associations). 

L’État doit également s’équiper en matériel moderne et efficace de lutte contre les feux de forêt, l’acquisition de Canadairs et d’hélicoptères bombardiers d’eau est déterminante pour lutter efficacement contre ce fléau.

Un appel aux citoyens pour faire preuve de vigilance et de prudence quant à certains gestes qui pourraient coûter des vies humaines et des pertes sèches aux agriculteurs, aux  artisans  et  à l’économie nationale. Pour rappel, les dégâts causés par les feux de forêt de juin à fin octobre 2019 sont estimés à 21 048 hectares, dont 6 045 hectares de forêts, 4 428 hectares de maquis et 10 575 hectares de broussailles.

Chérif HACHEMAOUI

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