Depuis 2019, le nombre de féminicides et de viols en Algérie ne cesse d’augmenter, ou peut être qu’il a toujours été en hausse mais faute de réseaux sociaux, il n’y avait pas moyen de dénoncer ces crimes au grand public !

Qu’est ce qu’un Féminicide ?

Le mot féminicide est composé des mots “féminin” et “cide” signifiant tuer. Dans la définition avancée par L´ONU, un féminicide est : « l’assassinat d’une femme parce que femme » c’est-à-dire l’assassinat d’une femme pour sa condition de femme.

La question des féminicides est une question mondiale qui concerne les pays du monde entier dont l’Algérie, selon une étude faite par l’ONU en 2019 : 87 000 femmes ont été assassinées dans le monde dont 58% d’entre elles ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Le chiffre réel est plus élevé étant donné que beaucoup d’Etats ne considèrent pas les féminicides en tant que tels.

Les féminicides ont des particularités qui les distinguent d’autres types d’homicides et doivent être traités de manière différente, puisqu’ils sont le résultat d’une condition liée à un système patriarcal où il y a des discriminations basées sur le sexe. Engendrant ainsi  des relations de pouvoir, où les femmes ne sont pas protégées mais plutôt  exposées à un cycle de violence physique, psychologique, sociale, économique et juridique. Ces violences sont encouragées dans notre société à travers l’obsession du contrôle des corps et des psychés des femmes dans la sphère privée et publique, et à travers les constructions de virilité et d’honneur. Ces derniers nous faisant croire que si les femmes restent conformes aux règles sociales, elles seraient protégées, faisant d’elles les responsables de ce qu’elles pourraient subir et justifiant la violence exercée, rendant ainsi les victimes comme coupables.

Les féminicides sont souvent la conséquence des violences et de leur justification, ainsi que d’impunité judiciaire dans certains cas. Dans le Code Pénal Algérien, il figure dans les lois criminalisant les violences conjugales la notion du pardon, où le pardon de la victime met fin aux poursuites pénales, cette notion est souvent accordée par les victimes sous la pression sociale exercée sur elles, les poussant ainsi à revenir vers leur potentiel assassin. 

De plus, aucune assistance ni mesure de protection n’est offerte à ces femmes, qui restent en danger même en cas de divorce. 

Il existe également une circonstance atténuante lorsqu’un féminicide est commis par le conjoint en cas d’adultère, prévu par l’article 279 du code pénal.

Le consentement, cette notion invisibilisée qu’il faut tout de même garder en tête !

Hésiter n’est pas consentir.

Céder n’est pas consentir.

Rester silencieux n’est pas consentir.

La victime peut subir une pression ou un abus de pouvoir et dire ‘ OUI’, mais ce n’est pas consentir.

Consentir c’est avant tout désirer, vouloir réellement quelque chose et en avoir envie !

Personne n’est à l’abri

Il est de notre nature d’accuser à tord et à travers et plusieurs individus pointent du doigt le style vestimentaire des victimes.

Sachez qu’un violeur reste un violeur, il n’y a aucune excuse qui justifie l’acte de VIOL.

Peut importe si la femme porte une jupe, une robe, un jean, un hijab, un jilbab, le violeur la violera et l’assassin la tuera quand même, et ces femmes  en sont la preuve :

  • Chaima F.Sadou :
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Chaima était une jeune femme de 19 ans, qui habitait dans la commune de Reghaia à Alger. En 2017, Bouchlaghi Abdesslam appelé Rayan, l’avait violée. Elle avait 16 ans. Elle avait déposé plainte contre lui sans suites.

Le 1er octobre 2020, alors qu’elle l’avait revu, il l’a emmené dans une gare abandonnée à Thenia, Boumerdes. Il l’a frappée, torturée, tuée et brûlée. L’assassin a été capturé.

  • Manel Kaddache :
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Manel Kaddache était étudiante en 3ème année recherche opérationnelle à l’USTHB (Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene). Elle avait 23 ans et habitait à Alger.

Le 05 séptembre 2006, vers 9h30 du matin alors qu’elle était avec ses amis, un camarade de classe de la même promotion a surgi et l’a poignardée de plusieurs coups de couteau au sein même de l’université. L’ambulance avait tardé à arriver, et Manel est décédée de ses blessures au niveau de l’hôpital Zmirli. Une marche avait été organisée le lendemain dans l’enceinte de l’université.

  • Nabila Djahnine :
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Née en 1965 à Bejaia. Militante féministe, architecte, militante du MCB (Mouvement Culturel Berbère) et présidente de l’association Thighri N’tmetouth. Elle a été assassinée par balles le 15 février 1995 à Tizi-Ouzou. 

Le film documentaire Lettre à ma sœur, réalisé par Habiba Djahnine, retrace les luttes et la mémoire de Nabila Djahnine, ainsi que les combats durant la période des années 90.

  • Yasmine Tarafi :
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Yasmine Tarafi avait 28 ans et était avocate à Bouira. Elle a été assassinée le 06 juillet 2020 par deux hommes et avait été retrouvée égorgée dans sa voiture.

La liste complète des victimes est bien plus longue et comporte même des enfants en bas âges, des anges privés de leur innocence.

La communication au sein d’une famille, d’une société

Le problème réside dans le fait que l’on soit  éduqué avec des tabous, et on vit avec.

Si une fille ou un garçon (de tout âge) se fait violer, elle ou il n’en parlera pas car c’est ‘HCHOUMA’ ou ‘ 3IIB’ ; cela peut arriver dans une même famille, par un oncle, un cousin ou même un frère.

Ces tabous mal placés détruisent des vies et déchiquètent des familles, jusqu’à quand cela va durer ? 

Un crime silencieux mais qui fait du bruit

Le nombre recensé de féminicides pour l’année 2019-2020 en Algérie est de 38 mais cela ne reflète guère la réalité.

Fort heureusement, la nouvelle génération de parents donne nettement  plus de valeur au besoin de s’exprimer et est beaucoup plus connectée  ce qui fait d’eux des personnes conscientes du monde dangereux dans lequel on vit !

Chers hommes, merci de prendre la parole afin de créer un monde meilleur pour les femmes de vos vies.

Chers citoyens, merci de faire plus attention, particulièrement aux enfants et adolescents de votre entourage.

Ceci ne relève pas seulement de la responsabilité des parents des victimes, mais de nous TOUS !

Ghizlène.

Source :

https://feminicides-dz.com/

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