Le ministre de l’énergie Abdelmadjid Attar a soulevé une polémique en déclarant à la radio francophone algérienne qu’il fallait « oublier » le projet desertec, tout en insistant sur la nécessité de la transition énergétique. Il y a depuis quelques années un grand « bidonnage » des faits sur le prétendu sabotage du projet par le gouvernement algérien à qui la France aurait dicté de le bloquer… Qu’en est-il réellement ?

Démenti officiel des allemands:

L’ambassade allemande en Algérie a accordé un démenti formel sur sa page Facebook; suite à la propagation de la rumeur selon laquelle le ministre allemand de l’énergie Peter Altmaier aurait accusé la France de bloquer le projet.

« Les propos attribués à notre ministre de l’Economie et de l’Energie, M. Peter ALTMAIER, relatifs au projet « Desertec » tels que publiés par certaines pages Facebook et la presse électronique sont faux. Il s’agit donc de « fake news ». » lit-on dans le communiqué de l’ambassade.

Un projet multinational:

Desertec n’est pas un projet bilatéral entre l’Algérie et l’Allemagne comme le croit l’opinion publique. C’est un projet multinational qui concerne l’ensemble de la région MENA (Afrique du nord et Moyen Orient) de la Mauritanie jusqu’à l’Iran en passant par l’Egypte et le Maghreb. Il a été conçu à la base par la « Coopération transméditerranéenne pour l’énergie renouvelable » (TREC ou Trans-MediterraneanRenewableEnergyCooperation).

L’objectif principal a été qualifié par beaucoup de projet « néo-colonial » car il ne vise pas à développer les pays producteurs d’énergie, dont le nôtre, mais plutôt à couvrir 20% des besoins européens en énergie électrique, afin de garantir aux pays du nord la transition énergétique.

Le vrai du faux :

Comme nous l’avons vu, ce n’est pas la France qui aurait suspendu le projet bien au contraire elle en serait largement bénéficiaire. Ce sont bien les tenants de desertec qui l’ont suspendu car il a été considéré par la DII (initiative industrielle Desertec) elle-même comme « cher et utopique »[1] !

L’ancien ministre de l’énergie Chakib Khelil avait lui exigé en 2009 un transfert de technologie comme condition préalable, autrement le projet ne serait pas intéressant pour l’Algérie[2]. L’ancien président Abdelaziz Bouteflika a toutefois confirmé son approbation pour la réalisation du projet lors de sa visite en Allemagne en 2010.

En plus du terrorisme qui sévit dans la région du Sahara, le facteur principal qui a entravé la bonne marche de Desertec, est le montant colossal du coût d’investissement qui s’élève à plus de 400 milliards de dollars ! Un coût exorbitant pour seulement 20% de consommation d’énergie en Europe. Il faut bien comprendre que les investisseurs particulièrement étrangers, cherchent leur intérêt financier et la rentabilité à court terme, sinon ils ne viendraient pas.

La transition énergétique pour l’économie nationale

Le bidonnage médiatique sur Desertec; sa soi-disant rentabilité et son soi-disant blocage ont fait le tour du web voire des grands médias, comme beaucoup d’autres fakes news. La seule solution viable est de réaliser une transition énergétique algérienne au profit de l’économie et de la consommation nationale; via l’exploitation de l’énergie solaire car l’Algérie n’est pas un pays pétrolier viable, mais pourrait devenir une puissance solaire.

Sources:

[1]https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/desertec-abandonne-ses-projets-d-exportation-d-energie-solaire-du-sahara/

[2]https://www.djazairess.com/fr/lemidi/1005080114

Yacine Chibane

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici