Depuis des mois maintenant, l’Algérie vit une crise sanitaire sans précédent. Le coronavirus s’est immiscé doucement mais sûrement dans le quotidien de son peuple; bloquant trafic et fermant boutiques; imposant aux algériens un rythme de vie nouveau et des limites -parfois strictes- qu’il serait préférable de ne pas dépasser. Mais est-ce suffisant? Les algériens sont-ils suffisamment conscients de la dangerosité du virus ? Et surtout, quelles sont les mesures prises par ces derniers en cas de contamination ? Des questions auxquelles chacun à sa manière, s’efforce de répondre depuis l’apparition des premiers cas février dernier et sachant surtout, que les hôpitaux sont dans l’incapacité de contenir le nombre croissant des personnes atteintes, qui sont pour la plus part renvoyées chez elles et invitées à respecter un protocole sévère mais nécessaire à leur rétablissement.

À quoi bon se protéger, si c’est ce qui nous est destiné ?

Une croyance aux bords fatalistes et qui pourtant ne vient se loger qu’à la deuxième place du podium de l’inconscience après : « Ce virus n’existe pas, ça n’est qu’un leurre pour mettre fin au Hirak ». Armés de cette idéologie suicidaire, beaucoup d’algériens – des plus âgés aux plus jeunes, femmes et hommes compris- se passent volontiers des mesures de protections imposées par les autorités sanitaires locales et n’hésitent pas à afficher fièrement leur refus catégorique de se protéger, quitte à mettre en danger la santé de leurs proches et celle des habitants de leurs communes.

Il est donc tout à fait probable de croiser une ribambelle d’enfants sans masques se passer la balle gaiement au coin de la rue et allez! Autant le dire : le virus aussi entre deux, trois checks innocents! Les quartiers sont aussi bondés d’adultes qui sont -pour la majorité- en possession de toutes leurs facultés mentales et qui pourtant n’ont pas renoncé à leurs coutumes de salutations abusivement chaleureuses et tactiles, entraînant ainsi une succession désolante mais prévisible de contamination à laquelle l’état essaie désespérément de mettre fin. Pourquoi une telle désinvolture de la part des algériens ? Une totale inconscience ou une rupture de confiance entre l’état et le peuple? Ce dernier hésite à prendre au sérieux bon nombre des informations qui passent à la télévision ou qu’il fait défiler sur son fil d’actualité Facebook. Quelque soit la raison, les conséquences désastreuses de cette folie collective ne se font pas attendre.

Es-tu porteur du Corona ? – Moi ? Nooooon !

Qui joue avec le feu, se brûle ! C’est indéniable, le virus se propage impunément et à grande vitesse à travers vapeur, touché, surfaces solides, sachets en plastique, poignets de portes et rampes d’escaliers. On ne compte plus le nombre d’aventuriers qui s’y sont frotté ou de malheureux qui l’ont contracté malgré les précautions prises; Une chose est sûre, pour les deux catégories le résultat du dépistage est fâcheusement positif et le prochain mois risque d’être bien pénible, autant pour eux que pour leurs familles.

De plus, est apparue une nouvelle politique assez surprenante chez certains contaminés : Celle du silence. Est-ce une incapacité à s’avouer la maladie ? Ou une banalisation des symptômes qui découle encore une fois d’une inconscience à caractère outrancier ? Un silence qui coûte la santé de plusieurs centaines, voir milliers de personnes! Comme quoi, pour beaucoup d’algériens être porteur du Covid-19 est tabou.

Tous les malades doivent-être hospitalisés ?

C’est bien simple, si la personne atteinte de Corona ne présente aucun symptôme grave ou possiblement dégénératif et si bien évidement, cette dernière n’a aucun facteur à risque – à savoir : Âge avancé, antécédents cardiovasculaires, insulino-dépendance non équilibrée, pathologie chronique respiratoire, cancer, immunodépression congénitale ou acquise, cirrhose au stade B ou C, obésité et troisième trimestre de la grossesse. – Les facteurs nicotiniques ne sont pas à ignorer également- Elle peut se passer de l’hospitalisation à condition de :

  • Suivre le traitement indiqué par le médecin.
  • S’isoler pour plus d’une quarantaine de jours et éviter tout contact avec d’autres personnes.
  • Aller aux rendez-vous indiqués par le médecin afin de voir l’évolution du traitement.
  • Contacter le personnel soignant en cas de dégénérescence.

Une procédure encombrante par moment mais obligatoire que beaucoup d’algériens ignorent. – Ce n’est qu’un rhume ! – Quoi ? La perte du goût ? Mon grand père s’est fait amputer des deux jambes lors de la guerre de libération et ne s’en porte pas plus mal ! Une imprudence dangereuse qui met en péril la vie de plusieurs innocents qui côtoient au quotidien ces personnes qui s’avisent de mentionner qu’elles sont porteuses du virus.

L’état aura beau prendre ses précautions et imposer couvre-feu sur couvre-feu, il ne pourra jamais contenir une épidémie de cette ampleur si la conscience du peuple algérien reste aux abois. L’initiation du discours est donc primordiale; Un discours qui en plus d’éveiller le peuple, expliquera qu’être porteur du Corona n’est pas un tabou ou une honte mais une maladie comme tant d’autres et l’accepter reviendrait à coopérer utilement à minimiser les dégâts de la pandémie dans notre pays.

                                                                                         Bouherid Anissa

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici