Le rêve d’Outre-mer, un but pour ne pas dire une obsession pour la plupart des étudiants Algériens. La France reste le premier pays d’accueil pour les Algériens qui était troisième au podium (8.3), après le Maroc (11.3), et la Chine (10.3) en 2011. La question qu’on se pose face à cette situation est : est-ce qu’on est toujours Algérien quand on ne vit plus en Algérie ? Une question dont je pensais jusque-là avoir la réponse. 

On a tous en tant qu’Algériens, un membre de notre famille, amis ou de notre entourage résidant dans un pays étranger. Ce qu’on appelle par taquinerie saupoudrée d’une pointe d’envie, les « Là-bas chez nous ! ». Ces Algériens d’origine ne m’ont jamais paru ALGÉRIENS au sens propre du terme. Les voir brandir le drapeau dans un pays autre que ma terre chérie me paraissait incompréhensible, limite futile. 

Une fois de l’autre côté de la méditerranée, je défais mes valises cherchant tout ce qui pouvait me rappeler l’odeur de mon pays, le drapeau étant vu comme un « MUST » pour moi. Tu me manques mon Algérie ! D’un certain coté, on est tous un peu schizophrène, ou peut être simplement Algériens. Cette identité nous colle à la peau. On a appris à aimer notre Pays, malgré tous les maux dont souffre chaque Algérien. On porte notre patrie dans nos veines. Certains dirons qu’on est trop enfermé, moi, je dirai qu’on est tout simplement « Nous ». 

Cependant, se sentir ici ou là-bas est une question primordiale. C’est un étourdissement qui nous rend obsolète et nous oblige à vivre selon nos lieux le combat politique ; les élections, la situation économique ou encore les faits divers. Autant qu’étudiante Algérienne résident dans un pays étranger, cela va sans dire que ce dernier a aussi ces propres préoccupations et couleurs politiques. Ces dernières nous concerne en tant que résidents de ce nouveau pays. Ça fait mal de dire qu’on se sent divisé, un peu obsolète. On se pose la question : qui sommes-nous ? Notre identité réduirait elle seulement à un pays de naissance, une ville, une langue, ou à la couleur de nos passeports ? D’un autre côté, en tant qu’étudiants, on a souvent tendance à filtrer les informations et en garder seulement les plus pertinentes pour nous, surtout par manque de temps.

Beaucoup d’entre nous ont occulté les faits politiques en Algérie, et les marches qui se perpétuent malgré la nomination d’un nouveau président au pouvoir. Encore plus grave, certains n’étaient même pas au courant de la date des présidentielles. Ces mêmes personnes étaient autant engagées dans les marches organisées depuis le 22 février du courant de cette année. 

De plus, être Algérien ne se résume pas seulement à porter le drapeau en signe de militantisme politique, on est aussi socialement Algérien. Cette société où le « Que diras-t-on si tu fais ça ? » règne sur les décisions des jeunes. Ces derniers pris en sandwich entre une culture occidentale implanté par ce qu’on appelle la force des images et la mondialisation, et des traditions familiales et sociales encore fortement ancrées en nous. Une distorsion culturelle qui se traduira chez certains en une vraie crise identitaire, reniant ainsi toute limite sociale fixé au préalable positivement ou négativement. La force de caractère des Algériens nous rend cependant moins victimes de cette crise comparée à nos voisins Tunisiens ou Marocains, ou pas !

Je dirai que certains se sentent mieux avec ce mode de vie, de plus, la pression sociale peut être un lourd fardeau à porter. Pour d’autres, ces limites sont leurs repères de ce qui doit être fait ou pas, une balise pour ne pas déraper. Il suffira juste de trouver son juste-milieu dans ce nouvel environnement à côté de ses études, son travail d’étudiant pour la plupart, ainsi que la pression des logistiques administratives. Une tache à s’en avouer très lourde, mais non impossible !

Il est vrai que nous vivons dans le monde du 21ème siècle, où pour être qualifié d’un bon citoyen, on doit se référer à la notion d’un « World-Citizen », ou citoyen du monde. Mais la logique humaine veut que nous nous sentions chez soi, en sentant le soleil de notre méditerranée en plein mois de Février. Monter dans un bus où le receveur scande « Avancez l’arrière ». Flâner dans les rues d’Alger en sentant l’odeur du Mechwi. Ou encore se poser entre amis autour d’un thé à la menthe et des cacahuètes en parlant de Hirak, des rêves d’outres mer ou encore d’amour de jeunesse. Notre nationalité est notre fierté, notre emblème et notre marque de fabrique. 

Asma Sellami
Equipe Rédaction Nomad.

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