Une élection présidentielle est toujours une date importante dans la vie d’un pays et dans le destin collectif d’un peuple. C’est par excellence la rencontre entre un homme et son peuple. Il fixe le cap et dessine les contours de son avenir.

Quant à la parodie d’élection présidentielle que le pouvoir algérien compte organiser le 12 décembre prochain, elle dérobe sur tous les angles à cette règle. Preuve en est l’accueil réservé aux candidats à ce rendez-vous. Chahutés et pourchassés par les citoyens à travers les quatre coins de pays que même les dispositifs sécuritaires peinent à contenir, ces derniers, issus tous du sérail qu’ils tentent de relégitimer, feignent d’ignorer le cri de ce peuple qu’ils veulent représenter. Quelque soit le résultat de cette pseudo élection et le taux de participation annoncé, le prochain président désigné héritera d’une situation ingérable et d’un pays ingouvernable.

Le hirak a montré qu’il ne manque pas de souffle et la détermination dont il fait preuve montre que le retour à la situation anté n’est pas à l’ordre du jour. Si le pouvoir actuel s’entête à aller jusqu’au bout de cette mascarade, on aura au lendemain de 12 décembre un président marionnette affaibli tant sur le plan interne que sur le plan régional et international. Les chancelleries occidentales sont au courant de ce fait et observent jusqu’à maintenant un silence complice. Et pour cause, cette situation les arrange à plus d’un titre. Ils tirent bénéfice d’un régime en quête de légitimité internationale à défaut d’une légitimité populaire.

L’adoption à la va vite d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures, par un gouvernement sensé gérer les affaires courantes et concoctée avec les majors pétrolières, ou plus exactement le bradage de la ressource qui génère 98% des recettes en devise au pays en est l’illustration la plus parfaite. Elle confirme, si besoin est, l’impasse, la perfidie, le cynisme et la disposition de ce pouvoir à hypothéquer l’avenir des futures générations dans l’unique but de perpétuer un régime en fin de cycle.

Autant dire que cette élection, qui s’inscrit dans cette même logique, ne servira que les intérêts d’une caste qui s’est érigé en tuteur de peuple algérien, alors que l’Algérie gagnerait à engager une transition démocratique à travers un dialogue sans exclusion à l’exception des résidus de ce système hérité au lendemain de l’indépendance.

MIB

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