Une d’entre elle assise à même le sol, est armée d’un narguilé. L’autre… dans la même position est inoffensive, et enfin… une troisième, plus éloigné mais toujours proche, boucle la courbe de l’assise… c’est la forme introvertie qui organise ‘Al Qaada’… En cette enceinte protégée par des corps – remparts, tout se dit avec la langue du secret… du chuchotement que ne peut comprendre l’étranger mâle.

Une autre image dépeint un portrait plus ouvert… plus anarchiste…

Les remparts sont démolis… L’habit même disparaît… la femme secrète devient la femme corps… La femme… Pas n’importe quelle femme… la femme d’Alger étale son opulente et sublime beauté.

C’est ce qu’on dépeint Delacroix et Picasso dans leurs œuvres picturales ‘femmes d’Alger dans leur appartement’. Parfumée d’une fine et délicate odeur poétique, qui émane des proses d’Assia Djebar… La femme en ressort de multiples portraits… Secrète et dévoilée… Elle vacille, franchissant cette lourde frontière, faite de strates qu’a bâti la société au fil des siècles.

La femme est riche, et profonde. La femme est un univers que l’homme a tenté de réduire… mais en vain….

Femme d’Alger dans leur appartement reste ce monde privilégié qui a vécu avant l’air du modernisme. Il est ce dernier rappel de ce monde sophistiqué aux milles manières qui trouvent signification dans le code secret de la tradition. Il est cette dynastie, qui face à l’avènement  de la démocratie n’a pu survivre malgré sa capacité à coexister (ce fut le cas des ‘monarchies constitutionnelles’.) ce monde se meurt… Non… Ce monde est mort. Mais comment ? L’a-t-on assassiné? Sa fin était elle dans l’ordre des choses ? Cette question requiert tout un autre écrit.

Ce monde… Ou cet ombre qui a jadis existé, subsiste toujours entre l’intérieur et l’extérieur.

Et la femme aujourd’hui, sillonne les rues comme son ancêtre aurait sillonné ‘Wouast Addar’ Les appartements sont aussi sortis. Riches, de blancheur éclatante, ce monde autrefois niché dans la si noble Casbah, vient nous éblouir. Il accompagne la femme, comme des suivantes leur sultane. Ce secret, cette pudeur… Cette classe… sont les multiples parements de la sultane en procession.

La femme dehors est riche et multiple. La femme, dehors, est forte et nouvelle. Elle tenait la maison d’une de fer. C’est les rues d’Alger que maintenant la femme sultane tiens de ses mains. Elle visite ses terres conquises, qu’elle soignera d’une douceur presque maternelle.

Mais comme pour chaque conquête, le conquérant se heurte à l’occupant. Ici bas l’autochtone est le mâle.

La femme… oui la femme savoure sa sortie. Devant le changement, la société a peur et n’a qu’une envie… retourner à l’ancien mode de vie. La peur du changement a causée la perte d’autrui.

Cet affrontement loin d’être violent, reste à être traité avec prudence. En effet, ‘cette sortie’’ n’est pas sans risque. La femme ainsi que l’homme souffrent. 

La remise en question est la seule issus et le changement imminent. 

La femme n’est plus cette diseuses à l’infini nombre de secrets qui ne se communiquent que par les chuchotements… La femme d’Alger, est une femme qui mérite une reconnaissance pour son éternel combat vers l’émancipation….

Femmes d’Alger dans leur appartement… femme d’Alger hors de leurs appartement… que le soleil leurs soit un bon embaumement.

BENAFERI Ramy

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