Abderrahmane Amrani dit Dahmen El Harrachi, puits de la sagesse ancestrale et icône de la musique traditionnelle, est un auteur-compositeur, musicien et interprète de la musique Chaabi. 

Fils des Aurès, il voit le jour le 7 juillet 1925 à El biar-Alger avant de déménager à Belcourt puis à El Harrach d’où il s’inspire pour son nom de scène. Très jeune, ses prouesses de banjoïste se font remarquées, lui permettant d’accompagner les stars du Châabi des années 40 avec son instrument.

Bien qu’il ait obtenu son diplôme, c’est en tant que cordonnier puis receveur qu’il commença à gagner sa vie, avant de lancer sa carrière de musicien.

À l’âge de 24 ans, le jeune prodige, encore peu connu du public part pour la France. Il emporte sa nostalgie sous le soleil de Lille, Marseille puis enfin Paris où il s’y installe pour de bon. Habillé d’un Shanghai, tricot à rayures et espadrilles d’Alfa, Dahmane restait un homme simple et modeste, un homme du peuple qui aimait partager les histoires des autres et rester humblement à l’écoute. Il se produit dans quelques cafés maghrébins où il ajuste la musique Châabi au goût du temps. Il analysait les problèmes de la société qu’il présentait dans un langage poétique, adapté à la compréhension de tous.

Dahmane El Harrachi était le chuchoteur à l’oreille du désemparé. Cet emblème historique représentait la voix du peuple dans un dialecte commun, compris de tous. Sa philosophie se tenait à la simplicité et à l’amour de ses origines. Sa nostalgie du pays le pousse à composer « Ya Rayah », une mélodie ensorcelante qui s’allie à des paroles bouleversantes. Elle connaît un succès intemporel et est par la suite reprise par de nombreux artistes tels que Rachid Taha et Faudel. 

Plusieurs autres morceaux connaissent un succès fou. Toute catégorie confondue s’arrachait ses vinyles comme la dernière brume de joie et d’espoir à humer.

Cette voix de la sagesse, grand virtuose du peuple, s’éteint le 31 août 1980 dans un tragique accident de voiture, laissant derrière lui un patrimoine musical qui ne cesse de faire frémir les foules. Jusqu’à ce jour, de nouveaux fans de cet emblème de la musique continuent à apparaître, tendant précieusement l’oreille à la recherche de conseils nichés au creux de ses vers.

Amrouni Farah

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