Qui est Ahmed Merzagui ?

Jeune Algérien de Tlemcen, je me considère comme un artiste amateur, professionnel par intermittence. Je m’intéresse aux arts visuels en général et plus particulièrement à la photographie.

Comment avez-vous commencé ? Quel a été votre déclic ? 

Dès mon plus jeune âge, je m’intéressais à la culture et l’art, je lisais beaucoup, regardais beaucoup de films et écrivais. J’ai découvert avec le temps plusieurs expressions artistiques pour atterrir en 2015 dans la photographie.

Je me rappelle, j’avais acheté un appareil argentique à un ami photographe, un Minolta que je garde toujours bien que cassé. Je ne pouvais pas m’offrir un numérique à ce moment-là et j’étais attiré, (je le suis toujours d’ailleurs) par les curiosités désuètes. En 2016 j’ai intégré l’atelier photo de l’association « la grande maison » à Tlemcen. Avec les conseils et l’aide de Houari Bouchenak mentor de l’atelier et membre du collectif 220, j’ai développé ma pratique et ma vision photographique.

Quelles sont vos sources d’inspiration dans la vie ?

Je m’inspire de tout, de tout ce que je consomme ; films, musiques, animés, théâtre, livres… de mon entourage aussi, de la vie sociale, de notre chère Algérie…

J’ai principalement 3 centres d’intérêts dans ma pratique photographique. La question sociale sur laquelle je bosse généralement avec des projets documentaires élaborés et pensés. L’ordre de l’intime, ou je conçois une documentation biographique de ma vie via mon entourage et où les projets sont mi documentaires mi artistiques. Le doute dans la philosophie, et là les réflexions des projets sont plus abstraites, plus conceptuelles et les photos d’art. 

Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi l’art ? Pourquoi la photographie ?

Je conçois et regarde le monde comme une scène en changement constant, que nous devons, en tant qu’humains, à des fins existentielles, entre autres, documenter, reporter ou décrire, à nos semblables, en donnant notre , sans doute subjective et spécifique, mais toujours unique et intéressante, vision de cette peinture aux facettes infinies et chatoyantes … 

Je conçois ma pratique comme une expression de la vérité en recherche perpétuelle de la Vérité. Je ne cherche pas à convaincre, mais à pousser au questionnement. Pour moi informer l’autre c’est l’initier à la possibilité d’une vérité autre que la sienne.

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé l’écriture très jeune, j’écrivais des histoires ensuite des réflexions… Je me suis intéressé à la musique un certain temps, ensuite au théâtre, ayant d’ailleurs coécrit une pièce de théâtre entre 2017-2018, jouée en 2018. En 2015, au milieu de mes études médicales j’ai commencé la photographie, à titre personnel et erratique, ensuite avec l’atelier « la maison de la photo » ma pratique devint constante. Ma première exposition s’est tenue en juillet 2017, intitulée « Métavision d’une ville sobre » j’exprimais en photos ma relation, ma vision et ma vérité, avec, de et sur ma ville natale Tlemcen.

J’ai travaillé 2 ans exclusivement en argentique. Fin 2017 j’ai adopté le numérique. Mon second projet exposé fut « Agnostic Love » en 2018. Une réflexion sur l’amour avec le livre de Roland Barthes « Fragments d’un Discours amoureux » comme support de base. Le projet comportait des photos argentiques, instantanées et numériques.

2018 fut l’année de l’expérimentation, je m’essayais au collage avec « Through this life I dont want to be silenced » une série de collages photos sur l’expression de la femme, à l’installation avec « Let me Bake Your brain » une réflexion sur les médias de masse et l’aliénation sociale, et la sculpture avec « solipsistic eye on a happy night » ou j’explorais le doute interne et personnel. Ces projets sont visibles sur mon site portfolio d’ailleurs.

2019 fût une année riche. J’ai vécu en Pologne et en Roumanie, ou j’ai développé 3 projets « For A gift » en collage et « In a way Insane » série documentaire pure pour la Pologne, « Yare! Yare! How is life » série documentaire appartenant plus au new média qu’à la photographie pour la Roumanie.

Durant la même année, j’ai participé à plusieurs résidences et ateliers ou j’ai développé des projets divers, en Tunisie et au Sahara Occidental. Et enfin j’ai eu le privilège d’exposer plusieurs fois plusieurs œuvres différentes.
2020 est une année heureuse. Enfin ! J’ai eu quelques expositions en cette année spéciale et je participe en ce moment à 2 ateliers photographiques en ligne et travaille sur quelques projets.

Quel est votre vrai travail dans la vie ?

Mon parcours académique est médical. J‘ai finis ma médecine générale en octobre 2018. En parallèle, j’ai développé d’autres domaines principalement dans l’éducation, l’animation, le renforcement de capacité et la médiation culturelle. Je travaille beaucoup plus dans la solidarité internationale et les organisations de société civile. Je n’ai pas beaucoup travaillé en 2020, COVID oblige.

De quelle manière le fait d’être confiné affecte votre carrière ?

Eh bien 2020 est une année difficile, je la résumerai en deux mots, frustrante et infructueuse. Enfin, ceci est le cas pour le monde entier j’imagine, sauf peut-être les fabricants de gel hydro-alcoolique, masques et prochainement vaccins.

Une histoire où une petite anecdote unique à nous raconter ? 

Une histoire triste qui donne à réfléchir, peut-être. J’ai de plus en plus de mal à sortir avec mon appareil photo, photographier dans la rue.

L’art de la photo en un seul mot ? 

Abstraction. (Dans le sens prendre un moment et le dénuder, l’enlever du cours du temps, le rendre immortel) التجريد

Un mot pour WECHSRA ?

Merci

Aya Chibouti

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