Changements au sein de l’armée nationale: La nuit aux longs couteaux ?

L’actualité nationale est marquée ces derniers jours, autre que le coronavirus, par les révélations faisant état du limogeage de plusieurs officiers supérieurs de l’armée nationale. La presse nationale et internationale ainsi que les réseaux sociaux se sont enflammés et ont largement commenté ces changements à la tête des principales directions de l’appareil sécuritaire algérien. La grande muette, qui a sorti de son silence à travers un communiqué laconique, n’a pas réellement dissipé les zones d’ombres concernant ces limogeage et encore moins des incarcérations et des charges retenues contre ces officiers qui, il n’y a pas longtemps, faisaient la pluie et le beau temps. Des scénarios aussi rocambolesques les uns que les autres ont ainsi vu le jour.

Certains voient en ces changements qu’une énième guerre de clans entre les principaux décideurs du pays. En termes plus clairs, un règlement de compte entre « le clan présidentiel  » incarné par le président Tebboune, le chef d’état-major par intérim le général major Said Chengriha et le clan des généraux ayant soutenu la candidature de Mihoubi. Celui-ci serait incarné par le général Wassini Bouazza, ex-chef de direction centrale de la sécurité intérieure DGSI actuellement emprisonné à Blida et Lachkhem Abdelkader, ancien patron des transmissions au ministère de la défense. D’autres parlent encore d’un retour en force des hommes de général Toufik, alors que d’autres d’un démantèlement ou d’une purge de l’appareil mis en place par le défunt Gaid Salah.

Il est clair que le nouveau président fera tout pour asseoir son pouvoir et devra manœuvrer pour imposer ses hommes de confiance aux leviers des directions les plus sensibles. Il n’en demeure pas moins qu’on peut tirer deux lectures importantes.

La première est qu’on n’est pas sorti de l’état-DRS. L’armée et sa colonne vertébrale, l’ex sécurité militaire, demeure la force politique numéro un au pays. Faiseur du roi depuis l’indépendance, elle étend ses tentacules à travers toutes les institutions. Le Hirak, qui a sauvé le pays comme l’affirme même le nouveau président, fait de la primauté du politique sur le militaire une condition sine qua non voit sa revendication principale reléguée aux calendes grecques. La démocratie, modèle imparfait certes mais qui demeure le moins mauvais, pose comme préalable la souveraineté populaire reste un combat à mener.

La deuxième remarque trait à la déliquescence de l’appareil sécuritaire algérien. Ce dernier, qui fut un temps ou il a été écrémé par la fine fleur de l’élite de l’université algérienne et qui composait son épine dorsale, est englué ces derniers temps dans de scabreuses affaires qui ont terni son image. La liste des officiers mis à la retraite ou incarcérés est une preuve irréfutable.

MIB

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