Le fameux romancier Français François-René Chateaubriand avait rédigé un ouvrage ayant pour titre « Itinéraire de Paris à Jérusalem » de juin 1806 à juillet 1807; il sera finalement publié en 1811. Dans cet ouvrage, Il relate son voyage de France jusqu’en Palestine tout en décrivant le trajet de l’aller et du retour. La septième partie du récit est intitulée « Voyage de Tunis et retour en France », il y raconte des choses intéressantes sur l’Algérie et les algériens, nous donnant un aperçu sur l’époque.

Le contexte historique de la rédaction

Chateaubriand avait rédigé cette œuvre plus de vingt avant l’expédition militaire d’Alger en 1830 et le début officiel de la politique coloniale en 1834. Contrairement à certaines idées reçues, l’ « Algérie » existait et était appelée comme tel, seulement cela ne désignait pas la même entité qu’aujourd’hui, mais simplement les zones côtières sous le contrôle de la « Régence d’Alger » qui était alors une dépendance ottomane. 

L’auteur écrit :

« Les Tunisiens sont cependant moins cruels et plus civilisés que les peuples d’Alger. Ils ont recueilli les Maures d’Andalousie, qui habitent le village de Tub-Urbo, à six lieues de Tunis, sur la Me-Jerdah. Le bey actuel est un homme habile : il cherche à se tirer de la dépendance d’Alger, à laquelle Tunis est soumise depuis la conquête qu’en firent les Algériens en 1757. »

Il montre dans ce passage une certaine méfiance vis-à-vis d’Alger car celle-ci exerçait une domination sur tout le côté occidental de la Méditerranée. On ne pouvait passer à l’époque sans le quitus de la flottille ce qui est la raison du qualificatif de « cruel » employé par l’auteur. Il oppose d’une manière assez troublante les algériens et les tunisiens ce qui pourrait témoigner que les spécificités nationales existaient déjà à l’époque. 

Il ajoute à propos de la ville d’Alger :

« Nous primes les ordres d’une frégate américaine dans la rade d’Alger. Je ne descendis point à terre. Alger est bâti dans une position charmante, sur une côte qui rappelle la belle colline du Pausilype. Nous reconnûmes l’Espagne le 19 à sept heures du matin, vers le cap de Gatte, à la pointe du royaume de Grenade. »

Certains pensent que la ville d’Alger fut bâtie par les Français, or, Chateaubriand décrivait déjà au début du XIXème siècle la ville d’Alger comme « charmante » et assise sur une belle colline ! En réalité, la ville d’Alger était devenue une capitale (construite sur les restes de la ville romaine Icosium) du royaume Ziride au début du Xème siècle sous le nom « Djezaïr beni Mezghenna ». 

Nous ne disposons pas de beaucoup d’ouvrages témoignant de la réalité algérienne de la période pré-coloniale, ce qui fait que chaque écrit vaut son pesant d’or !

Yacine Chibane

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