Grand faubourg de l’Ex-périphérie d’Alger, principales cités ouvrières à la diversité impressionnante illustrant un brassage méditerranéen singulier, et aujourd’hui l’une des principales communes d’Alger centre jouxtant le plus ancien centre historique inscrit au patrimoine mondiale de l’UNESCO: la Casbah, et constituant à côté de celle-ci le centre historique de la ville ; Bab el oued ou « Porte du ruisseau » fait référence à l’une des 05 portes constitutives de l’ancienne muraille d’el Mahroussa (Casbah) ayant pour attache la rivière qui y déverse communément appelée  l’oued M’Kacel . 

Aujourd’hui et hier encore ce quartier populaire Folklorique, bruyant et plein de joie foisonne de culture, d’art et de traditions, d’architectures et de jeunesse ; une jeunesse à présent perdue dans un environnement qui l’est tout autant… Jean-Jacques Deluz décrit Bab el oued à travers « ses lotissements ouvriers, ses rues à arcades et un caractère architectural marqué par un mélange hétéroclite d’immeubles cossus, d’usines et de hangars à l’apparence d’un quartier populaire » ce fut un quartier modeste et élégant exprimant la gaîté et la couleur : Bab el oued c’est la main sur le cœur, et le cœur sur la main ;  Robert CASTEL dit « Chacun son Bab el Oued comme chacun son type d’homme et de femme. Pour moi Bab el oued c’était la vie, c’était un monde à lui tout seul, la méditerranée lui faisait l’honneur de mourir à ses pieds, la mer et le soleil habitaient Bab el oued…, Bab el oued avait ses places, ses monuments et ses repères… » mais hélas présentement ce lieu est  l’expression physique de la nostalgie, lorsque tout demeure à l’abandon : une interminable série de cinémas (El Atlas Ex Majestic, Chlef, Le Marignan, Cinéma les variétés…) constituant actuellement pour la plupart des enveloppes donnant face à la rue, une silhouette dépourvue d’essence… à côté de cela viennent s’ajouter une chaîne de manufactures et d’ateliers atteignant les hauteurs de la Cantera (Carrière) illustrant un amas de friches, et en contrebas le front de mer qui de ses façades altérées donne face à la mer. Mais ce qui a toujours fait la renommée de Bab el oued c’est son marché, le repère des 3 horloges à présent démoli, erreur des autorités ou encore produit citoyen ; et finalement l’ancienne synagogue Shalom el bahr dont les façades racontent une longue et interminable lutte à travers le temps et à travers l’espace mais plus pour longtemps… 

Albert CAMUS dans l’été à Alger a dit : « Alger, et avec elle certains lieux privilégiés comme les villes tournées vers la mer, s’ouvre dans le ciel comme une bouche ou une blessure… » et à présent Bab el Oued n’est rien d’autre qu’une blessure saignant face à la mer : alors qu’elle fut ce lieu pittoresque qui a inspiré plus d’un (Louis Bertrand, Lucienne Favre…) ; malheureusement malgré un potentiel touristique prêt à l’emploi celle-ci suit la lignée de son aïeule, effondrement et démolition se suivent…et il y a cette tendance à vouloir changer tout ce qui d’apparence semble vétuste sans se soucier du fond et de l’histoire du lieu…

Amira AMMIMEUR
Rédaction Nomad

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