La militante Amira Bouraoui vient allonger la longue liste des détenus d’opinion. En effet, elle vient d’être condamnée, ce dimanche 21 juin, à une année de prison ferme avec mandat de dépôt par le tribunal de Cheraga. Selon le communiqué du CNLD (Comité national pour la libération des détenus), six (06) chefs d’inculpation sont retenus contre elle,  à savoir : incitation à attroupement non-armée », « Offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’Islam », « Offense au président de la République par une expression outrageante, injurieuse ou diffamatoire », « Publication pouvant porter atteinte à l’unité nationale », « informations ou nouvelles, fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public », « incitation à la violation délibérée et manifeste d’une obligation de prudence ou de sécurité édictée par la loi ou le règlement, expose directement la vie d’autrui ou son intégrité physique à un danger ».

Des chefs d’inculpation aussi vagues que risibles:

Amira Bouraoui, figure de combat pour les droits des femmes et fervente opposante au régime est connue pour sa franchise et son franc-parler. Elle bouscule les codes, les traditions archaïques et les consciences avec son verbe et ose s’aventurer sur les terrains et les sujets difficiles ou tabous.

Les chefs d’inculpation retenus contre elle sont dignes des pires dictatures staliniennes. C’est le reflet d’un régime vieillissant et incapable de revoir son logiciel ou le mettre à niveau. Il fonctionne encore aux méthodes des années 1970 et n’arrive pas à se projeter dans le présent et encore moins dans l’avenir. Il jette aussi un discrédit sur une justice aux ordres que les Algériens ne cessent de réclamer son indépendance. La nouvelle Algérie promise par Tebboune est une Algérie qui emprunte la voix sans issue d’une dictature moribonde. Une Algérie où la critique faite au chef de l’état est une offense à son auguste majesté. Le président est de ce fait un monarque présidentiel et toute critique à son égard peut valoir à un crime de lèse majesté. Une Algérie où toute critique est passible de prison pour atteinte à l’unité nationale ou au moral de l’armée alors que la plus grande menace est la privatisation de l’état, la corruption et le détournement de la souveraineté populaire. Engin à ceux qui critiquent cette femme-médecin, il est utile de rappeler que cette femme a eu le courage de dire non à la dictature des Bouteflika alors que la majorité de ses détracteurs se courbaient l’échine devant eux.

MIB

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