La fin de semaine dernière a été riche en événements. D’abord la libération de plusieurs détenus d’opinion et à leurs tête le commandant Lakhdar Bouregaa. La figure du Hirak a purgé six mois de détention provisoire dans les geôles du pouvoir sous le fallacieux grief d’atteinte au moral de l’armée. Il retrouve ainsi la liberté tout comme le général Ben Haddid et des dizaines de manifestants dont le seul tort est de revendiquer pacifiquement une Algérie libre et démocratique et d’avoir arboré le drapeau Amazigh, symbole de notre identité millénaire.

Si on ne peut que se réjouir de cette libération, qui est un geste de bonnes intentions et de détente de la part de pouvoir, il n’en demeure pas moins que les circonstances et les motifs de ces arrestations sont pour le moins anti-démocratiques. Arrestations et libérations sur simples injonctions venues d’en haut reflètent si bien la nature du système judiciaire algérien. L’indépendance de la justice n’est pas pour demain et la détention provisoire qui doit être l’exception est instrumentalisée pour devenir une règle.

À ce registre, on notera que le milliardaire Issaad Rebrab a retrouvé lui aussi la liberté après un procès haletant. Il écope néanmoins de 18 mois de prison dont 6 fermes pour surfacturation et usage de faux dans l’affaire des machines de production d’eau pure de sa société Evcon. Il a déjà purgé huit mois à la prison d’El Harrach. Jeudi passé, le porte-parole de la présidence, M. Mohand Said Belaid, a annoncé la composante du nouveau gouvernement avec comme principale remarque l’absence d’un ministre ou vice ministre de la défense. Ce poste resté vacant après le décès de Gaid Salah ne trouve pas de preneur et renseigne, si besoin est, de la mainmise des militaires sur les principaux leviers du pouvoir. La primauté du politique sur le militaire est un vœu pieux pour le nouvel exécutif.

Deuxième remarque est la composante pléthorique de ce nouveau gouvernement avec 39 minutes et secrétaire d’état. Alors que les pays développés ont adopté des mesures draconiennes pour réduire le train de vie de l’état, chez nous les réflexes populistes ont la peau dure. Troisième remarque est le non-renouvellement de la composante de la majorité cet exécutif. Il s’agit ni plus ni moins d’un recyclage de l’ancien personnel politique avec quelques prises de certaines figures de  » l’opposition  » et un toilettage avec quelques jeunes.

MIB

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