La diffusion par la chaîne publique française « France 5 », mardi 26 mai, d’un reportage sur le Hirak Algérien a soulevé une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Les citoyens Algériens de toutes les tranches d’âge et des différentes catégories sociales, ayant pris part massivement à ce soulèvement salutaire, ne se sont pas reconnus ni dans les personnages interrogés ni dans les aspirations et revendications exprimées. Ils dénoncent par ailleurs l’angle de traitement de cette révolution de sourire qui a ébloui le monde entier par son caractère civilisé et pacifique. Dès les premières minutes de ce reportage, les premières réactions commençaient à pleuvoir sur les réseaux sociaux pour dénoncer des informations biaisées, orientées et réductrices. Les internautes sont scandalisés par le cliché réducteur du groupe de jeunes montré et qui revendique la liberté sexuelle et la liberté de consommer de l’alcool.

En effet, s’il est vrai que la société Algérienne est traversée par différents courants de pensée et différentes tendances politiques, il n’en demeure pas moins que la revendication principale du Hirak est le changement de régime politique pour une démocratie réelle et apaisée. La révolution de sourire a réuni toutes les catégories sociales, les tranches d’âge et des courants politiques pour un seul objectif à savoir rétablir la citoyenneté et les libertés fondamentales et pour finir avec un régime mafieux qui a pris le pays et ses enfants en otage.

Pour les libertés individuelles, elles ne peuvent se réaliser que dans un cadre global où le citoyen Algérien se sentira un citoyen à part entière impliqué directement dans l’avenir de son pays et jouissant pleinement de ses droits et conscient de ses devoirs vis-à-vis de la société. Réduire la révolution du 22 février à la simple revendication d’une liberté sexuelle mal définie, et qui relève plutôt des choix personnelles de chaque individu, c’est ignorer l’immensité du gâchis et les ravages sur le plan politique, économique, sociale et culturelle qu’a subi le pays, ainsi que la privatisation de l’état à des fins personnelles par une poignée d’hommes sans aucune légitimité démocratique. Pour comprendre les racines du Hirak, il aurait fallu faire une enquête sur l’ampleur de la corruption, sur les oligarques Algériens en prison, sur le fonctionnement de la justice, sur les hôpitaux Algériens, sur la Hogra, etc. Les revendications du mouvement du 22 février sont avant tout d’ordre politique.

Le traitement médiatique :

Le traitement médiatique honteux biaisé et réducteur pose aussi pour de nombreux internautes la question des médias et de leurs indépendance. Les chaînes françaises ne sont pas du reste. Leurs traitements biaisés des différentes crises comme celle des gilets jaunes ou la crise du coronavirus est expliqué en grande partie par la mainmise des puissances de l’argent dans les médias. Mais venant d’une chaîne publique donc payé avec l’argent du contribuable, la question est encore plus délicate et pose des interrogations sur les liens aussi bien d’affaire que politique qu’entretiennent les deux pouvoirs, en France et en Algérie, et qui font face à un rejet massif de leur politique.

MIB

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