Le 02.02.2020, dans un esprit de fraternité, les architectes se sont manifestés en ce jour précis afin d’exprimer leur ras-le-bol de ce que devient leur métier dans ce pays et préserver leur dignité.  

Soufflé par le vent de la révolution qui couvre le pays depuis une année maintenant, l’architecte en colère a choisi de se battre pour le changement, que ce soit à l’échelle du système qui le gouverne ou à l’échelle de celui qui le gère, le conseil national de l’ordre des architectes (CNOA).

L’Algérie vit actuellement dans un état qui manque d’identité architecturale, cette situation ne cesse de s’amplifier et l’accepter ne ferait qu’aggraver les choses. Le premier crie lancé par les manifestants en face du palais du gouvernement est « CNOA dégage ». Par ce dernier, ils appellent au départ du conseil national et local en appliquant l’article 32 du décret exécutif n96-293 et à la redéfinition d’une nouvelle réglementation.

Ce conseil est considéré comme étant l’environnement propice au développement des fraudes et des inégalités, il est tenu comme 1er responsable de la dégradation de l’architecture et du statut d’architecte, remettant en cause le rôle de ce dernier dans la société. Cachés derrière leurs pouvoirs législatifs, les architectes voient leurs droits dérobés et leur métier méprisé.

La réglementation contraignante émise par le conseil national et local emprisonne l’architecte dans un cadre de vie défavorable le laissant impuissant face à la difficulté d’accéder aux marchés du travail.

La majorité des jeunes architectes diplômés se retrouvent au chômage ou se dirigent vers le stage de 18 mois afin d’obtenir l’agrément nécessaire pour pouvoir ouvrir leurs propres bureaux d’étude, mais dans ce cas-là la loi les oblige de le faire dans les trois mois qui suivent. Si ceci n’est pas fait, ils se verront ôter de leur agrément, les mettant ainsi dans une situation financière désagréable.

Tandis que pour ceux qui ont pu se frayer un chemin dans le domaine professionnel, ils se retrouvent incapables d’obtenir un projet à grande envergure qui les aidera à enrichir leurs carrières, suite au cahier de charge qui ne cesse de bloquer la voie devant tant d’opportunités limitant de ce fait la concurrence.

Ces cahiers de charges exigent un chiffre d’affaires élevé écartant ainsi les architectes débutants, et imposent des références difficiles d’attribution, laissant place à une minorité d’architecte qui puissent répondre à ces appels d’offre ; à titre d’exemple, seulement 300 architectes se voient attribuer les projets de 1542 communes, a déclaré le directeur du conseil national de l’ordre des architectes

Néanmoins le CNOA n’était pas la seule et unique raison de cette manifestation ; les architectes venus des quatre coins du pays et déterminés à créer le changement, ont profité de ce sit-in pour débattre, échanger et mettre en place une feuille de route pour un lendemain meilleur.

De multiples solutions ont été proposées et n’attendent qu’une oreille attentive pour commencer à matérialiser le changement. D’ici-là, d’autres rencontres et manifestations dans plusieurs wilayas sont programmées. 

  Feriel SAIDI 
Equipe Rédaction Nomad

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