La boisson du plaisir. Élixir de la vie, la flûte de l’élégance dans un restaurant gastronomique sous les frappes des archets ; une image attribuée à ces boissons très controversées qui suscitent les plus atemporels des débats. La réalité, elle, est entassée par l’effet, sous les dollars.

Il était une fois la société, le foie et la foi dans le rouge...

Ça commence souvent par une tentation anodine, à la conquête d’un plaisir inconnu, d’une image cool de soi. Et ça se termine en buveur, voire en alcoolique. D’ailleurs, on compte désormais des milliards de buveurs à travers le globe, dont 140 millions d’alcoolique qui, chaque année, enterrent 3 millions des leurs.

Qu’est-ce que l’alcool ?

Pour démocratiser la définition, l’alcool n’est rien sinon une substance chimique infiniment petite, aux super pouvoirs démesurés, à abattre Thanos et les Avengers. Les milieux scientifiques ne se privent pas de le qualifier de drogue maligne. Existant depuis plus de 10000 ans d’après les archéologues, l’homme s’est accoutumé à se procurer ce plaisir – certes momentané – mais qui fit de lui l’être qu’il désirait, léger, gai et sans inquiétudes. Pour caricaturer la citation de J.J Rousseau “ la nature fait l’homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable”.

La problématique majeure naît lorsque la consommation quotidienne dépasse les bornes du tolérable, ce qui est extrêmement relatif selon les personnes. Cela peut varier d’un verre à 10. Dépassé ce stade, tout dérape et va à l’encontre de l’effet désiré ; commencent hallucinations, et perte de Contrôle. Autrement dit l’état d’ivresse.

Pourquoi buvons-nous ?

La consommation est avant tout culturelle, il n’est pas si farfelu de traiter les russes de gros lavabos à vodka car, en effet, sur les tables statistiques, les pays froids sont à la tête de la consommation de vodka et de bière (entre autres). 

Outre la culture, bon nombre de personnes, victimes de leur ignorance, Croient que les bières brunes favorisent les performances sexuelles, l’intelligence… Dans tous les cas, l’objectif recherché dans une bouteille est bien de fuir et d’oublier ses responsabilités.

Quelques chiffres de par le monde:

Pour parler chiffres, la consommation par habitant en Allemagne est estimé à 10 L d’alcool pur, l’équivalent de 200 bières, 85 vins, 25 whiskeys ; considérant les bébés et les vieillards comme buveurs, les données réalistes sont trois à quatre fois plus importantes. Les méditerranéens – notamment les français et les italiens, qui comptent parmi les plus  grands producteurs de spiritueux dans le monde – ont quant à eux une forte affinité pour le vin. 

L’Afrique n’est pas à l’abri et comporte le marché le plus juteux d’alcool fort, avec des consommations non soumises à régulation ni surveillance (et donc sans limitation d’âge), allant jusqu’à 6.7 litres par citoyen. 

Le marché des boissons alcoolisées de toute catégorie s’élève à un chiffre d’affaire dépassant les 1300 milliards de dollars par an, soit le budget pour maintenir l’Algérie sur ses pieds pendant 30 ans sans aucune rente. Le marché européen à lui seul réalise le chiffre de 11 milliards d’exportation hors union.

Les marques que nous connaissons tous consacrent des budgets pharaoniques de l’ordre de milliards de dollars de publicité et promotion de produit. C’est l’un des marchés les plus rentables sur le globe. Une baisse de consommation coûterait des déficits à ruiner un pays, et la suppression d’emplois par dizaines de millions à travers le monde.

L’alcoolisme en Algérie:

Pour le cas de l’Algérie ; nous sommes heureusement loin de la limite inférieure des taux enregistrés un peu partout. Pour des aspects traditionnels et religieux qui cette fois ci ont porté leurs fruits. Selon un bilan de l’OMS apportant des données de 2018, seulement 3,2 % des Algériens consomment de l’alcool avec plus de 60% de bière, le reste est partagé entre spiritueux et vin. La consommation s’élèverait à 1 litre d’alcool pur pour toute la population. Même si la consommation masculine est 100 fois plus importante que la féminine. Un bilan jugé très positif comptant 96% de non buveurs, un taux tiré du Guinness book.

De la vie en rose à la cirrhose:

Pour certains la bière est très bénéfique, très riches en vitamines en protéines ; c’est tout le contraire, en réalité.

Comme déjà précisé, l’alcool est une drogue maligne, qui agit comme agirait un joint de cannabis. Quand les particules d’alcool atteignent le sang, elles visent plein de systèmes et d’appareils – principalement le système nerveux ou elles se fixent sur des récepteurs au niveau de synapses chargées de L’inhibition et donc la relaxation. Le processus est accompagné par une sécrétion hormonale de la dopamine, la sérotonine et les endorphines qui, ensemble, diffusent un sentiment de bien-être, de plaisir et d’atténuation de douleurs ; sentiments souhaités et qui vont incontestablement provoquer une addiction et donc une dépendance de plus en plus sévère. 

A forte alcoolémie, il y a dégradation du glutamate qui est un neurotransmetteur dont le rôle est de nous garder éveillés. Sa présence a de très basse doses donnera donc un sentiment de fatigue, qui finit parfois par projeter les alcoolos en plein boulevards sur les bancs et sur les trottoirs, jusqu’à mettre fin aux vies après atteinte de l’appareil respiratoire sans même se sentir étouffés, ou dans le meilleur des cas percuter un arbre en conduisant.

A la longue, le tout est orchestré par des sauts d’humeur, qui n’est que traduction de dérèglement de la sécrétion hormonale, qui à son tour va instaurer de nouvelles règles basées sur le principe du encore un verre qui a pour conséquence l’augmentation des doses prises. C’est le phénomène de l’accoutumance.

L’alcool est une drogue légale plus calamiteuse que les drogues illégales, et cela en le soumettant à un barème d’effets de dégâts et de bienfaits ; en résultat, il est la cause première de plein de maladies. En effet, d’après des études approfondies sur cette thématique, plus de 200 maladies ont été associé à l’alcoolisme comme étant facteur de prédisposition et de susceptibilité.  Dès son entrée, l’alcool favorise le cancer de tout son itinéraire : cavité buccale, gorge larynx jusqu’à atteindre l’appareil digestif en causant des irritations, lésions du foie (sous forme de cirrhose), ulcérations de l’estomac et d’intestin, etc. Le cœur n’y échappe pas ; un alcoolique éprouve des déficiences cardio-vasculaires très précoces, comparativement à un sujet sobre. Et pour clôturer tout l’organisme ; même la peau et les os figurent sur la blacklist de ce monstre.

Pour la gente féminine, la consommation d’alcool est un facteur favorisant le cancer du sein. Une augmentation relative de la consommation d’alcool chez les femmes est à noter ces dernières années, probablement due à la médiatisation d’un certain idéal de la femme émancipée …

Pourquoi boit-on toujours ?

Accuser le consommateur de ne pas vouloir sacrifier sa bière serait trop injuste car le complot est bien plus grand que cela. Une influence “divine” est déployée sur les arènes politiques. Les lobby de l’alcool ont un mot à dire avant toute décision potentielle touchant un poil des bénéfices de ce marché. Ils agissent en bras de fer pour maintenir leurs intérêts et même en créer de nouveaux ; tel est le cas en Afrique, où la montée des investissements récompensés par la consommation est en flèche (prochainement) verticale. D’autre part, les états exportateurs et même consommateurs comptent des rentes gargantuesques en termes d’impôts et taxes qui enrichissent les caisses. Malgré les coûts de la prise en charge, on prime l’intérêt à court terme sur les dégâts causé au long terme. Autrement dit : on vit au jour le jour.

Malgré les efforts des organisations sanitaires qui observent cette avancée cruelle pour les pays en général, et ceux en voie de développement sous le microscope, aucune réponse ne parvient à guérir la situation. La réplique qui fait toujours la une depuis l’antiquité est la responsabilisation du buveur qui, soi-disant, doit se contrôler car l’alcool sous les seuils de l’ivresse est bon, disent-ils. 

Comment mettre fin à l’alcoolisme ?

Le combat de l’alcoolisme, comme celui de n’importe quel autre fléau, est un projet à très long terme. L’idée est d’innover des alternatives plus alléchantes que les issues obsolètes, l’alcool en l’occurrence. La balle est pour ainsi dire entre les mains – ou plutôt les griffes – des politiciens.

Les regards devraient être orientés envers l’enfance et les écoles. La stratégie repose sur l’introduction de programmes pédagogiques très diversifiés à assouvir tous les goûts: sport, musique, théâtre et autres. Ainsi l’école exportera des citoyens occupés à pratiquer une quelconque activité et n’ayant du coup pas de temps libre qui va créer ce besoin de boire. Pour illustrer cette approche, on cite l’exemple des pays scandinaves qui, malgré leur climat encourageant cette consommation, ont su réduire leur taux d’une manière efficace. On dénote aussi l’Island qui compte désormais un taux très satisfaisant. 

D’un autre côté, les gouvernements ont mis en place des mesures draconiennes pour conserver l’idée de l’alcool loin de l’enfant en contrôlant les publicités, et soumettre les stratégies marketing à des lois strictes. L’idée s’appuie également sur le réglage de la consommation (vendre l’alcool dans des endroits consacrés à cette transaction, en dehors des agglomérations, dans des rayons biens distincts, avec limitation de la quantité à vendre) qui, d’après les médecins, ne devrait en aucun cas dépasser le verre, soit 25 cl, qui est déjà beaucoup car le taux idéal d’alcool est de 0. 

Enfin, que dire hormis le conseil de ne pas boire, sinon boire très peu. 

Chakib

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