Une vie balancée entre deux pays chéris par un homme en désarroi qui finit par être emporté avant la réalisation de son utopie….. 

Au cours des années 50, l’auteur est confronté, malgré lui, à une polémique

Né en Algérie d’une famille de pied-noir, il y passe la plus grande partie de sa jeunesse et finit par vouer un amour indescriptible envers ce pays. Cependant, lors de la déclaration de la révolution algérienne en 1954, l’auteur se trouve mêlé à un débat sensible ; Camus raciste ? Pour la colonisation française ? Pire encore ! Camus pour une Algérie française, sans les Arabes !

Le scandale éclabousse le nom de l’auteur, lors de son discours en Suède, où il commente les actes terroristes du FLN en Algérie, concluant par un « si c’est cela la justice alors je choisis ma mère » ; paroles qui vont être détournées par les journalistes en une seule phrase : entre l’Algérie et ma mère, je choisis ma mère ! Le monde littéraire est unanime : Camus est un partisan de la colonisation française et se dresse contre la révolte des Algériens. Sa philosophie de la révolte n’est au final que de la poudre aux yeux pour ses lecteurs, puisqu’il se tient aux côtés du vainqueur.

Et les hommes de lettre Algériens ? Ils ont réagi comment ?

Les écrivains algériens ne sont pas restés indifférents aux paroles de Camus, à l’instar de Kateb Yacine qui s’est attaqué virulemment à l’auteur, en dénonçant la disparition du personnage algérien dans ses romans, à travers l’utilisation du mot « Arabe » dans l’étranger. Certains iront même à l’accuser de jouer un double jeu, car il est à la fois pour la liberté des autochtones, mais aussi pour le maintien de l’Algérie française. Toute cette ambiguïté a rendu le nom de Camus clivant, mais au final,

Est-il réellement raciste ? N’aimait-il pas les Algériens ? 

C’est ce qu’on a toujours essayé de coller au nom de Camus, mais les faits démontrent une toute autre version des choses, par exemple : lors du discours en Suède, camus était partisan de la révolution algérienne, mais condamnait les méthodes avec lesquelles elle se faisait – à cette époque, de nombreux attentats, visant les lieux publics fréquentés par les pieds-noirs, ont été perpétrés sur Alger par le FLN. Il désirait réellement une justice pour le peuple algérien, mais condamnait les actes qui pouvaient toucher aux enfants d’autrui. 

Plus tard, il milita ouvertement pour la cohabitation entre les deux peuples pour former une Algérie française unifiée ; l’auteur ne pouvait imaginer l’Algérie sans la France et vice-versa. Les deux nations formaient un tout, une vision assez utopique qui prouve encore une fois que Camus affichait un amour inconditionnel pour ce pays et ne voulait en aucun prix l’abandonner. Il finit, à la fin de sa carrière, par arranger cette tare dans son œuvre en intégrant la figure de l’Arabe dans son œuvre, à travers sa nouvel « l’Hôte » où il affiche clairement son soutien à ce peuple opprimé.

Cependant, le 5 juillet 1962, l’Algérie gagne sa liberté et la nation utopique de Camus ne vit jamais le jour. L’auteur disparaît deux années avant l’indépendance et remporte avec lui cette image d’une Algérie multiculturelle ouverte au monde entier.

Temple du livre

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