Achoura représente ce moment de l’année durant lequel nos grand-mères avaient l’habitude de nous couper un bout de cheveux ; d’appliquer du henné sur nos mains ou de se munir d’un bâtonnet de khôl soulignent harmonieusement l’œil ou la paupière.

Mais ce que cette journée évoque est bien plus sacré et complexe.

L’histoire d’Achoura :

« Le jeûne du jour de ’Achoura j’espère de la part d’Allah qu’il expie les fautes de l’année passée » -Prophète Mohamed SAWS-

Le 10e jour du mois de muharram, cet événement religieux est célébré par les musulmans du monde entier, considéré comme une journée de jeûne, recommandée mais non obligatoire. Une célébration qui constitue une leçon de vie qu’Allah nous transmet chaque année à travers une histoire : l’histoire de Moïse et du pharaon.

Car en ce jour saint, Allah a ordonné à Moïse de prendre avec lui les enfants d’Israël et de quitter la terre dans laquelle ils étaient oppressés par le pharaon, mais arrivés à un certain stade en face de la mer rouge, ils se retrouvèrent coincés entre l’ennemi qui était à leur trousse et la vaste mer barreuse de route. Le peuple perdit donc tout espoir de survie mais Moïse lui resta confiant et garda la foi et c’est grâce à ça qu’Allah leur vint en aide et ils s’en sortirent donc victorieux.

Ce qu’il faut retenir de cette histoire est qu’Allah viendra toujours en aide aux oppressés et aux victimes d’injustice (représentés par Moïse et son peuple dans l’histoire) et que les coupables et tyranniques despotes (représentés par le pharaon et son armé) paieront tôt ou tard pour leurs péchés.

Achoura constitue donc un rappel qu’Allah n’est pas insouciant de ce que font les injustes et de ce que les oppressés subissent. De plus, quand on se retrouve dans une situation délicate où toutes les portes nous semblent fermées, dieu sera là avec nous et nous guidera pas à pas vers la lumière.

Deux significations distinctes :

En effet, cette fête ne revêt pas la même signification dans les deux branches de l’islam car pour les chiites, Achoura représente la célébration la plus importante de l’année elle commémore le martyre d’Husayn, le troisième imam des chiites, assassiné et décapité à Kerbala en 680. Elle s’accompagne de processions où les fidèles scandent des slogans en se frappant la poitrine en cadence en signe de contrition, certains observent des pratiques de mortifications impressionnantes. En mémoire de Husayn, il s’agit de faire couler son sang, les « pénitents » revêtus d’un linceul blanc, s’incisent le haut du crâne, puis se frappent la tête, parfois ils se flagellent avec des chaînes.

Quant aux sunnites (notamment les algériens),Achoura est un jour férié prétexte aux repas riches appétissants et aux réunions de familles. Diverses pratiques sont mises en scène qui renvoient à la Sunna et dont les différents textes nous relatent son origine, comme la pratique du jeûne : les savants conseillent de jeûner le 9ème et 10ème jour conformément aux souhaits du Prophète, mais aussi à des rites antéislamiques dont certains sont liés à l’agriculture.

Les bonnes pratiques religieuses :

Communément Achoura reste un moment propice au recueillement et à la prière. Il est donc conseillé de :

  • Faire un maximum d’invocations.
  • Accomplir une prière de quatre rakʿât en récitant à chaque rakʿa une fois sourate al-Fâtiha et cinquante fois sourate al-Ikhlâss.
  • Demander pardon à Allah et de montrer notre reconnaissance à dieu pour tous les bienfaits qu’il nous a accordé.
  • Se laver et se purifier.
  • Aider les personnes dans le besoin notamment par la zakât.

 Graine Sabrina

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