Abdelkader FERRAH, né le 28 mars 1926 à Ksar-el-Boukhari en Algérie. Issu d’une famille de notable, dont le père Brahim, travaillait comme ‘Kadi’ (notaire) et était un homme doté d’un très grand savoir. La mère Fatima-Zohra, femme de religion et descendante directe de Cheikh El-Missoum, wali de la kouba de Ksar-el-Boukhari. Il a été élevé d’une façon très conservatrice par ses parents, ce qui ne présageait nullement un avenir aussi riche artistiquement.

L’enfant et adolescent qu’était Abdelkader s’est laissé charmer par les éclatantes couleurs des tissus étalés par sa sœur Halima qui était couturière. Sans oublier son admiration pour les ‘Souk’ de l’époque, plus particulièrement pour les ‘Meddah’ qui étaient source d’une certaine culture. C’est ainsi qu’on le vit souvent dans ces marchés hebdomadaires, un pinceau à la main et une toile comme support de dessin, reproduisant toutes les féeries qui s’y trouvaient. Plus tard, se fut Omar RACIM qui l’influença dans son art.

    Cet amour de la peinture, le mena à Alger, ou il passa son concours des Beaux-arts. Grace à son génie créatif, il réussit à laisser bouche bée plus d’une personne sur son passage, notamment une française qui l’accompagna à Ksar-el-Boukhari pour convaincre son père retissant d’un éventuel voyage en Europe pour des études artistique plus appropriées. Ceci nécessita l’intervention de son frère ainé Mohamed, grand homme de lettre et de culture (pièces théâtrales…), qui avait une grande influence sur ce dernier, d’où sa fameuse citation :’ Au clair de lune, le prophète a bien dit, cherchez le savoir même en Chine !’

Après des études en France et son recrutement à la ‘Royal Shakespeare Company’ en Angleterre en tant que scénographe dans toutes ses formes (costumeur, réalisateur de masques, de tout le décor qui constituait la scène de spectacle théâtrale), pour en devenir par la suite, le directeur artistique. Il travailla dans beaucoup de pays, sur plusieurs spectacles, tels que ; ‘ Le canard sauvage’ en 1960, ‘La paix ’ en 1962, ’Henri V’ et ‘Henri VI’ en 1976, ‘Meurtre dans la cathédrale’ en 1979. Mais cet artiste polyvalent ne se limita pas qu’à cela. Il était aussi concepteur de couverture de livres, auteur, mais aussi compositeur musical. Il occupa également le poste de directeur des études, de la conception et des costumes, à l’école nationale du théâtre canadienne, et en fut honoré.

La France colonialiste, par le biais de son ministre de la culture André MALRAUX, lui a attribué une décoration, ‘ Prix de l’Alliance française’, en 1960, mais qu’il refusa en protestation contre l’occupation de l’Algérie par ce pays. Il a souvent rencontré la reine Elizabeth II d’Angleterre, dont il fit le portrait, et par qui il fut décoré. Abdelkader FARRAH fut récompensé de nombreuse fois pour son travail remarquable et pour son talent inconsidérable, en se voyant décerner des prix, notamment celui du Laurence Olivier Award du meilleur décorateur de l’année.

Il réalisa plusieurs portraits de sa famille et leur offrit. Il a même dessiné celui de sa mère sur son lit de mort et l’a envoyé à tous ses enfants.

C’est un grand honneur pour moi de savoir que le hasard a voulu que cet homme d’art soit mon grand oncle maternel, ainsi qu’une source d’inspiration pour écrire ces mots. L’honneur y est d’autant plus grand d’apprendre qu’avant de tirer sa révérence, Abdelkader FARRAH a légué toutes ses œuvres au musé d’art d’Alger en 2005.

Lina AMMOUR
Equipe Rédaction Nomad

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