Salutations Abdelbasset, merci d’avoir accepté de partager avec nous votre expérience à travers WechSra, nous sommes heureux de vous avoir avec nous aujourd’hui.

Si je vous demande qui est Abdelbasset, que nous diriez-vous ?

Abdelbasset est un jeune Algérien ambitieux, énergique et motivé,  en quête de paix intérieure, de joie de vie et de réalisation de soi. 

Que représente l’écriture pour vous ?

L’écriture pour moi est une thérapie, une cure de l’expression, une façon d’évacuer le trop-plein d’émotions. J’ai pris l’habitude d’écrire depuis mes dix-neuf ans ; j’écrivais presque tous les soirs, spontanément. Tout ce qui me passait par la tête, de positif ou de négatif, était rédigé sur une feuille blanche, et quand je dis “tout” c’est vraiment tout, ne serait-ce que pour dire “aujourd’hui, je me sens bien” ou “aujourd’hui, je me sens mal”. 

Le mot “écrire” évoque en moi la notion de la réalisation. C’est à dire que pour moi, écrire c’est réaliser, concrétiser, matérialiser, pérenniser et rendre éternel un fait, une histoire, une pensée, etc.  

Quand est ce qu’a commencé votre aventure dans le monde de la littérature ?

J’ai entamé mon aventure dans le monde de la littérature, comme n’importe quel autre auteur, en tant que lecteur d’abord. Mon unique soeur aînée m’avait introduit dans ce monde lorsque j’avais dix-neuf ans ; de là, je découvris la beauté de ce monde et son impacte sur l’acquisition du savoir et de la culture.

J’enchainais la lecture d’essais, car depuis mes premiers pas dans ce monde, j’avais un plus grand penchant pour les essais que pour les romans. Plusieurs ouvrages m’ont marqués dont je cite : Les Triomphes de la Psychanalyse  de Pierre Daco, Les Conditions de la Renaissance de Malek Bennabi ou La Violence Sociale en Algérie, comprendre son émergence et sa progression de Mahmoud Boudarene.  

Comment avez-vous pensé à écrire un livre ? Et quand ?

L’idée d’écrire un livre m’est venu à l’esprit lors d’une discussion marginale avec mon amie et collègue Hadjer Neggaz, pendant que nous organisions l’évènement l’Art Est Public dans sa deuxième édition à Skikda en 2019. Elle m’avait parlé de son premier roman qu’elle venait tout juste d’achever et me disait qu’elle souhaitait m’envoyer son manuscrit pour le lire et lui donner mes retours. À ce moment là, j’ai trouvé l’idée d’écrire un livre captivante, et sans avoir encore une idée de livre bien précise, mes réflexions sur le sujet me menèrent à décider d’écrire au moins un livre dans ma vie.

Ecrire un livre pour moi est  une thérapie:

Une façon de m’exprimer, d’extérioriser mes ressentis et de figer mes pensées errantes. Cela me procure un bien être et m’aide à donner du sens à ma vie. Cela me permet aussi de dénoncer une injustice d’alerter un quelconque fléau ; c’est également porter parole de mes semblables et de celles et ceux qui n’ont pas de voix ; c’est plaider pour le monde que nous envisageons.

Et puis, écrire rend immortel:

Bien que biologiquement, aucun être vivant n’échappera à la mort, il n’empêche qu’une partie de vous restera en vie à jamai,s à influencer et à impacter la vie d’autres personnes ! Cinquante, cent ans ou même plus après votre mort et on vous lira encore ! Qu’importe la génération, vous serez toujours présent, en train de raconter votre époque et les histoires qui la berçait.  

Dénoncer, Alerter et Porter parole:

écrire pour moi, c’est dénoncer une injustice, alerter sur un fléau. C’est porter parole de mes semblables et de celles et ceux qui n’ont pas de voix ; C’est plaider pour le monde que nous envisageons.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire La Pénurie ?

La réponse à cette question se trouve dans le livre même, dont je cite certains passages en leur apportant quelques modifications, histoire d’éviter de faire du copier/coller  : 

C’était un samedi 02 mai 2020, neuvième jour du mois sacré de Ramadan. Cela faisait un bon moment que l’idée d’écrire un livre m’avait traversé l’esprit. Je n’avais pas encore trouvé d’idée pour mon livre, mais je savais au fond de moi qu’elle allait venir un jour toute seule. En ce jour là, l’inspiration me vint enfin !

Très vite, je saisissais mon stylo et le carnet qui me servait de journal intime, j’écrivais l’idée générale du bouquin et les principaux axes dont je voulais parler, tout en me questionnant sur la méthodologie à adopter. C’était ma première véritable aventure dans le monde littéraire, moi qui avais l’habitude d’écrire des articles éditoriaux dans le blog “Srijina” de mon ami Abdeslam Benlarbi, me disais que pour un livre, cela devait être forcément différent. J’entrepris donc de me baser sur les observations que je  fais dans la vie de tous les jours et c’est ainsi que j’entamai l’écriture.

Covid-19 en Algérie:

Les pénuries et les vagues de consommateurs qui ont déferlés sur les magasins pour l’achat de certaines matières pendant la crise sanitaire du Covid-19 en Algérie en plus des mécanismes qui font que l’algérien vit toujours mal en 2020 ont évoqué en moi les réflexions que j’ai toujours eu auparavant concernant la vie dans ce pays. J’étais certain que le comportement inconscient du citoyen algérien face au danger de cette pandémie était révélateur de quelque chose.

La pénurie ne rime évidemment pas avec bonheur et épanouissement, c’est plutôt un cauchemar qui règne depuis longtemps sur tous les domaines de la vie en Algérie, et c’est tout le sujet de ce bouquin. En bref, l’idée du départ était que je voulais tenter d’éveiller la conscience et d’attirer l’attention du lecteur sur le fait que les pénuries en Algérie ne se résument pas seulement au manque aigu de marchandises et de services, c’est en premier lieu un état d’esprit, une culture qui, à mon sens, pèse sur le bien être de l’algérien et l’empêche de vivre dans la prospérité. 

Pourriez-vous nous donner une vue d’ensemble sur le livre ? Une sorte de résumé.

Pour reprendre le synopsis du livre  : “Dans son quotidien en Algérie, l’auteur observe constamment l’image qui se présente devant lui de la société, de la culture et de la politique. Ayant vécu depuis sa naissance dans ce pays, il synthétise dans cet ouvrage l’ensemble de cette image. La crise du Covid-19 que le monde a connu et à laquelle l’Algérie n’a pas échappée, l’a inspiré l’écriture de ce livre.

Il s’implique dans son récit, et présente sa vision des choses. Pour lui, cet ouvrage est une modeste contribution de sa part dans le monde des idées. Il part de la pénurie des matières premières qu’à connue son pays lors de la crise du Covid-19 et les phénomènes négatifs qu’ils l’ont accompagnés pour ensuite exposer la situation chaotique dans laquelle se trouvait son pays bien avant cette crise ; il conclut au final que la pénurie telle qu’elle était vécue en 2020, n’est rien d’autre que le fruit d’une culture précaire et d’un état d’esprit stérile”.

Quelle est l’idée que vous voulez mettre en avant à travers votre livre  ?

Si mon livre n’était qu’une seule idée, ce serait que nous sommes responsables du chaos dans lequel nous vivons. Quand je dis “nous”, je parle de tout le système et de tous ses acteurs – du simple citoyen lambda au premier responsable du pays. J’ai écrit ce livre pour alerter sur la situation de l’être algérien qui, pendant très longtemps, a adopté une certaine conduite qui empêche son épanouissement et pèse sur son bien-être. Il est grand temps pour lui de renaître de ses cendres ! 

En tant que jeune, et écrivain dans la société Algérienne, quelle est votre plus gros obstacle ?

J’ai rencontré deux grands obstacles qui sont la bureaucratie et les croyances de la société algérienne qui, comme je l’ai dit précédemment, pèsent sur le bien-être et empêchent l’épanouissement de tout jeune qui vit en Algérie.

Qui est ce qui vous a soutenu le plus dans votre parcours ?

Tout mon entourage m’a soutenu dans cette démarche. Cela dit pour moi, le plus important ce n’est pas qui est-ce qui m’a le plus soutenu ? mais plutôt : ma raison est-elle assez puissante pour franchir le pas ?

Comment voyez-vous la jeunesse Algérienne ?

La jeunesse algérienne regorge de talents et de compétences et est largement capable de porter le flambeau du renouveau du pays – si on la laisse s’affirmer, bien évidemment. Il est vrai aussi qu’une large partie de cette jeunesse se retrouve aujourd’hui déboussolée par absence de moyens, de programmes, d’institutions ou tout simplement d’une sincère intention de l’intégrer dans la prise de décision.

Qu’aimeriez-vous dire aux autres jeunes à travers WechSra ?

Soyez actifs ! Peu importe ce que vous faites, l’essentiel est que vous rajoutiez de la valeur à l’humanité.

Après La Pénurie, quelle est la prochaine étape pour vous ?

à peine la rédaction achevée, j’ai entamé un nouveau projet.  Il verra le jour une fois l’heure de gloire de ce premier ouvrage révolue ; ce temps de réflexion me permettra de me concentrer sur les retours de mes lecteurs, qui me seront certainement utiles pour perfectionner le nouveau livre avant qu’il ne soit sur les rayons des librairies.

Avez-vous un dernier mot à nous dire ?

Je vous dis mille  merci pour l’intérêt que vous m’avez porté, c’est un honneur pour moi de figurer sur un magazine web d’une telle renommée. De mon côté, je vous encourage à continuer d’apporter de la valeur aux jeunes algériens et à être un vecteur de transmission de messages constructifs comme vous l’avez toujours été. Je vous dis bon courage et bon vent !

Nous vous remercions pour vos réponses, et nous vous souhaitons le meilleur des succès pour votre livre.

Djoumana Boughazi

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