Alors que le 6 juillet marqua le 113e anniversaire de la naissance de l’emblématique peintre, le 13 juillet correspond au 66e anniversaire du décès de l’artiste. À l’occasion de cette journée spéciale nous tenons à rendre hommage et honorer la mémoire de cette femme exceptionnelle.   

Frida Kahlo, grande Icône mexicaine

Une mexicaine mondaine qui fascine par son originalité, sa présence et par son extravagance, une forte militante guerrière qui a convertie ses traumatismes et drames en énergie créatrice et en art subversif. Frida Magdalena Carmen Kahlo est une artiste qui peignit la résilience, véritable icône du féminisme qui a su s’imposer par son antagonisme à la psychorigidité de la société mexicaine et qui construisit son mythe seule avec l’aide de son pinceau, sa personnalité et son caractère intransigeant.

Une moribonde qui a survécu à l’apocalypse d’un terrible destin !

Prisonnière d’un corps qui convoitait la mort et qui s’agrippait à la vie, Frida a souffert d’une poliomyélite, depuis son plus jeune âge et à 18 ans, elle fut victime d’un terrible accident qui la confina des années dans un lit et qui l’emprisonna dans des cercueils de plâtre et de fer.

Martyre d’un destin pénible : santé fragile, accident, amour dévastateur, infidélité, infertilité, divorce et de nombreuses fausses couches….l’artiste a su convertir ces drames en un véritable art, des chefs-d’œuvre qui font frémir d’émotion où Frida se présente comme une sainte sacrifiée, des autoportraits qui traduisent ses souffrances, sa patience et sa force. Malgré tous les événement hideux et l’effroi qui ont affecté sa vie, elle ne cessait de débusquer la fétidité de sa triste réalité en cherchant constamment une lueur d’espoir dans ce monde rance.

Un divorce douloureux : « Autoportrait au collier d’épines et colibri »

Pour immortaliser son vécu, elle décida de peindre son désarroi sur une toile anamnestique qui ne la trahira pas, contrairement à sa mémoire lacunaire. En 1940, les séquelles de son terrible divorce avec le célèbre peintre Diego Rivera l’inspirèrent à peindre une nouvelle œuvre intitulée « Autoportrait au collier d’épines et colibri ».

Un colibri noir, mort, crucifié et emprisonné dans un dédale d’épines qui le prive de liberté pend de son collier, Est-ce un oiseau divin, messager de dieu où un trochilidé lugubre qui témoigne d’un deuil affligeant ?

À son épaule droit, s’agrippe le singe que Diego lui a offert, protecteur et joueur il tire sur son collier et lui inflige une douleur intolérable (amour passionnel, trahison et divorce). Sur l’autre épaule, se trouve un chat noir faisant écho à la malchance inéluctable de notre icône et à son désespoir. Ses cheveux décorés de papillons symbolisent son espoir et sa quête à la sérénité, tout ça dans un décor exotique fertile. 

« La colonne brisée », une mise à nu d’un supplice indélébile

Un mono-sourcil épais, accentué qui met en valeur un regard profond arrosé de larmes, sa mimique neutre et inexpressive insonorise les terribles gémissements intérieurs de son âme.

Frida peignit cet autoportrait lorsque son état de santé empira et c’est seulement grâce à son pinceau qu’elle trouva liberté et évasion d’une douleur à la fois physique et morale qui la gardait prisonnière.

Au premier plan, se présente Frida le buste ouvert, une mise à nu de ses souffrances où elle dévoile les blessures de son corps en même temps que celles de son âme. Tout son être est piégé par les ossatures d’un corset orthopédique en métal qui la condamna martyre de son propre sort. Crucifiée elle garde la tête haute, digne avec un regard fier et une sérénité du geste, sa posture droite est maintenue par une colonne ionique antique fissurée, symbolisant sa fragilité, sa souffrances physique et son état d’âme. Des clous omniprésents plantés sur l’ensemble de son corps et dont la taille varie selon l’endroit (les plus grands sont disposés au niveau du cœur, la hanche et de la colonne vertébrale) reflètent un écorché de douleur et de chagrin.  

Malgré toute la douleur et le calvaire dus aux terribles séquelles de son accident et à l’infidélité de Diego, elle a porté de l’importance à montrer sa féminité à travers sa poitrine qui se révolte entre les deux lanières du corset et son corps nu, une rébellion de sa condition féminine privée de liberté.

À l’arrière-plan se présente un paysage désertique dont les failles et les irrégularités traduisent les blessures de son être, la stérilité du champ reflète l’infertilité de Frida et dont la profondeur du désert craquelé exprime sa solitude.

Un tableau aux détails austères, où l’artiste se présente comme martyre dans un univers onirique voir cauchemardesque mais bel-et-bien réaliste.

«  je n’ai jamais peint mes rêves, j’ai peint ma réalité propre. »  Frida Kahlo 

Collage photo : Boudechiche Sarah 

Boudechiche Sarah

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