Que vous a appris l’année 2019 ? C’est une question, qui en cette période de fin d’année va être récurrente non seulement dans les discussions entre amis et membres de la famille, mais aussi dans maints réseaux sociaux, et plateaux TV. 

Il ne s’agit cependant pas là de se demander si en cette année, Mme X, et Mr Y sont enfin arrivé à la conclusion que leurs boulots ne sont pas leur seule raison de vivre. Il s’agit au contraire de traiter d’une problématique beaucoup plus importante (sans aucunement dénigrer ou nier l’importance que peut représenter ce type de questions pour l’individu) dans la mesure où elle concerne l’histoire de tout un peuple, voir l’avenir de plusieurs générations. Il est clair que l’incertitude qui formule le thème de la problématique n’est qu’euphémisme. 

Qu’avons-nous donc appris en cette année de 2019 ? Une question dont les réponses en rapport avec l’actualité sont lourdes de sens et d’insinuations. Il n’en est pas moins que s’il y a bien une réponse sur laquelle l’on puisse tous se mettre d’accord, c’est bien celle qui implique une prise de conscience. Une prise de conscience tout aussi théâtrale, voir presque tout aussi miraculeuse que les fresques et tableaux baroques, tant sur la théâtralité des messages qu’ils véhiculent, que sur l’opulence du langage de la représentation picturale. 

Cette valorisation, n’est bien évidemment pas anodine et sans aucune cause. Elle revient non seulement à l’influence incontestable de la conscience dans le choix des actions que vit le pays, mais aussi de l’énormité du temps, et de sacrifices qu’a coûté cette dernière. 

Tel un trésor pour qui l’on a dédié sa vie ; sa valeur augmente plus que ce qu’elle est vraiment. Elle atteint un seuil si grandiose que pour ce dernier nul autre trésor ne pourrait l’égaler. 

Cette si grande… si noble… prise de conscience ; est alors le seul trésor qui importe vraiment à la nation en ces temps où elle a besoin d’éclairer ce passage obligatoire pour espérer un triompher.

Toujours est-il que ce n’est pas le seul résultat. Il ne faut pas parler que de nos réussites. Il faut aussi savoir reconnaître ses erreurs et en tirer un enseignement. Les temps incertains de cette année, ne nous ont pas seulement poussés à la recherche de réponses et d’une lumière qui pourrait guider nos actions. Il est nécessaire que pour pouvoir avancer, et progresser vers la reconstruction d’une nation aux maux guéris, de constater que le prix à payer est lourds. Il continue d’être lourds, et ne compte pas s’atténuer d’ici quelques mois. 

Quand le corps est malade, l’utilisation d’agents spéciaux (qui sont les médicaments) permettent sa guérison. Cette dernière est effective que si le corps en dehors de cette maladie est sain. Mais si dans le cas où le corps était antérieurement malade, sa guérison -même avec l’utilisation de médicaments à plus fortes doses- est très difficile. 

En revenant à notre cas, avant de se lancer dans la guérison de ce pourquoi nous nous battons tous aujourd’hui, notre société était déjà malade. D’où la lourdeur, mais aussi la cherté du prix à payer. Les symptômes de cette maladie antérieure, ont été mis à découvert par l’actualité. Toujours en analogie avec le corps humain, les symptômes s’amplifient, voir apparaissent durant l’effort physique et non pas au repos. 

La déchirure, le régionalisme, la décadence culturelle… Ces maux… ou dirais-je ces symptômes, ralentissent peut-être l’achèvement de notre objectif commun, mais ils ne l’empêchent point. Dans cette épopée dans laquelle s’est embarquée le peuple algérien il trouvera incontestablement le remède. Mais comme toute réponse digne de cela, elle engendre des questions. Ces questions sont encore multipliées par l’interprétation multiple de notre peuple à l’opulente diversité culturelle. On en recense alors encore plus de questions. Des questions qui concernent notre avenir, la direction que nous prenons, notre identité, et enfin toute composante plus ou moins sensible de notre si grande et valeureuse nation. 

En conclusion, nous pouvons retenir de cette année qui pose les bases d’un nouveau départ, un certain nombre de choses. Pour la énième fois, cette prise de conscience qui a non seulement réveillé la grandeur du peuple, mais aussi les institutions culturelles qui dormaient dans un sommeil profond, en les encourageant à pleinement s’exprimer. Sans la vitalité de garder notre conscience alerte et vigilante en toutes circonstances.

Ensuite, la nécessité d’un apprentissage au débat, qui non seulement nous aiderait à trouver des solutions et des compromis en ces temps de crises, mais aussi d’offrir les conditions nécessaires à la cicatrisation des profondes plaies qu’a subit ce pays. 

Pour enfin clore sur une touche d’espoir qui nous pousse à croire à une renaissance digne du Quattrocento, en rappelant l’exploit qu’a achevé le peuple ces derniers mois dans chaque action, geste, ou parole qu’il a dédié à cette cause qui nous unis plus qu’elle nous sépare.

Ramy BENAFERI
Equipe Rédaction Nomad

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