10 ans de contestations, une rétrospective

Tandis que le droit de manifester n’a été officiellement décrété qu’en 1934 ; la rue accueille les contestations de l’homme depuis l’Antiquité.

2019 fut sans doute l’une des années les plus mouvementées, du Chili à Hong Kong, en passant par le Soudan, l’Irak, l’Espagne ou encore l’Algérie ; les peuples des 4 coins du monde ont marché pour défendre leurs convictions. 2019, c’est des millions de manifestants à travers le monde, ils n’ont cessé d’augmenter depuis quelques années et ils ne semblent décidément pas prêts de diminuer. Retour sur ces manifestations qui font l’histoire.

2010, la Tunisie ouvre le bal du printemps arabe, suivie successivement par la Jordanie, l’Egypte, le Yémen, la Lybie, la Syrie ou encore l’Algérie pas plus tard que l’année précédente ; on demande le départ d’un système, l’abolition de dictatures au pouvoir et la garantie d’un avenir meilleur.

2013, le mouvement « Black lives matter » conteste la violence et le racisme systémiques envers les personnes de couleur, les arrestations excessives et sans motifs d’afro-américains ou encore même leur meurtre par des policiers. 50 ans après la marche pour les droits civiques menée par Luther King, l’égalité raciale ne semble toujours pas acquise.

2015, l’Amérique latine s’insurge peu à peu contre le pouvoir en place, comme dans un écho au printemps arabe, un printemps latino-américain commence à remettre en cause la droite néo-libérale. Pauvreté, crise économique, conditions de vie insalubres ; un ras-le-bol général prend place au sein des peuples du continent, le vent de rébellion qui souffle sur la région donnera lieu à d’extrêmes violences.

2017, les femmes envahissent les rues de Washington, la Women’s March s’inscrit dans la lignée des manifestations pour les droits des femmes initiées en 1911 ; cette fois-ci néanmoins, elle est parfumée d’un subtil parfum anti-Trump (en réponse à la réforme de l’immigration).

2018, la France n’échappera pas à la vague d’insurrection abattue sur le monde, les gilets jaunes prendront d’assaut les rues de tout le pays pour revendiquer des conditions de vie meilleures.  

Climat, ce n’est cette fois-ci pas une date qui a marqué la décennie mais une cause en particulier, motif récurent lors des nombreuses manifestations des dernières années ; la sonnette d’alarme a quand même été tirée. L’état de notre environnement étant en déclin si fulgurant, qu’en plus des marches, 2010-2019 a dû être l’ère qui amorce le passage à l’action.

Même si en façade, les motifs de contestations semblent inchangés depuis plus d’un siècle, les revendications sont plus pointilleuses. Alors que certains diront que le monde n’a au final pas évolué. D’autres, a contrario, diront que si le monde va si mal, c’est que quelque part l’homme va mieux. On entend par cela que l’homme aurait atteint un tel niveau de maturité et de conscience, que les acquis du siècle dernier ne suffisent plus à l’éternel insatisfait qu’il est.

Les marches seraient-elles donc dans notre cas actuel, un indicateur d’évolution ou de régression ? Marqueraient-elles la fin d’une gouvernance ayant démontré trop de failles ? Ou alors, l’histoire ne serait-elle qu’un cycle se répétant à l’infini ?

HAMMOUTENE Dounia Janina
Equipe rédaction NOMAD

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