Un seul mot d’ordre, sensibiliser la population de Jijel sur l’urgence à signaler pour protéger ces êtres vivants vulnérables mais redoutables face aux étés caniculaires que connaitra l’Algérie dans les prochaines décennies, affirment les organisateurs de cette action éco-citoyenne.

Les « Lundis de l’environnement« , ce collectif citoyen de Jijel activant dans la protection de l’environnement, lancent l’opération « Faisons parler un arbre à Jijel » durant tout le mois d’août. Le principe consiste à imprimer la réflexion qu’il peut imaginer d’un arbre adressée au citoyen sur une feuille blanche recyclée et l’agrafer sur les troncs d’arbres. Qu’ils soient persécutés, malmenés, brûlés, maltraités, harcelés, l’opération vise également à protéger les arbres épanouis, heureux et joviaux que l’on croise dans le triangle historique du vieux-Jijel. Un seul mot d’ordre, sensibiliser la population sur l’urgence à signaler pour protéger ces êtres vivants vulnérables mais redoutables face aux étés caniculaires que connaitra l’Algérie dans les prochaines décennies.

jijel lundi de lenvironnement

Réponse citoyenne au réchauffement climatique

Les villes algériennes connaissent de plus en plus d’îlots de chaleur en réponse à une urbanisation irréfléchie et un réchauffement climatique qui va crescendo. Les îlots de chaleur dont définis comme la concentration des températures élevées dans les zones urbaines denses. Jijel intra-muros n’est pas en reste,  ses platanes  historiques prennent de l’âge, s’ils ne sont pas brulés, ils  deviennent de véritables dépotoirs de poubelle. Or un arbre en milieu urbain permet de lutter contre ces îlots de chaleur. Leur ombre limite le réchauffement des surfaces bétonnées et leur feuilles rafraîchissent l’air par évapotranspiration. Il permet de lutter contre la pollution, en filtrant des molécules polluantes, en les emprisonnant dans les tiges et en les dégradant par leur propre métabolisme. Mais la fonction vitale d’un arbre est celle de fixer le dioxyde de carbone et de produire de l’oxygène.

Il est admis qu’un arbre met généralement entre 20 à 30 ans voire 50 ans, selon l’espèce pour qu’il jouisse de ses pleins pouvoirs de purification de l’air et de fixation de polluants. Dans 20 à 30 ans, l’Algérie côtière et Jijel connaîtront entre 3 à 4 °c de plus, accompagné d’intenses épisodes de canicule. En termes de timing, le collectif LDE par la voix de l’un de ses  membres pense « qu’il est désormais temps de renouveler le parc floristique de Jijel et herboriser les îlots urbains déserts » comme la rue principale Ibn Badis (ex-Clerville) depuis la place des Canaries jusqu’à la Place Barberousse. Il insiste sur la nécessité de « se lancer dans la végétalisation des façades et des toits des immeubles, cela réduirait, outre le réchauffement intérieur des habitations, les nuisances sonores« .

La ballade du samedi soir

Deux sorties ont été organisées par le collectif LDE, chaque samedi soir. Des citoyens lambdas, des familles entières, des femmes, des enfants et des citadins ont brillé par leur présence et leur conscience écologique. Tous soucieux de la verdure de leurs artères urbaines qui décline d’année en année.  Le groupe parcourt à pieds les principales artères du triangle historique de la ville, avenue du 1ier novembre (ex. Gadaigne), avenue Vivonne-cinéma Les Variétés, Place du Pêcheur, Rue de Picardie et bien d’autres ruelles en accrochant des pancartes imprimées sur du papier recyclé.

Plus de cinquante  arbres ont été entendus et faits parler. Dans leur majorité, des arbres en détresse comme les arbres-urinoirs du triangle BNP-Parisbas, les arbres-poubelles près de la vieille mosquée de Jijel, les arbres brûlés et tuméfiés qui font face au cinéma Les Variétés et les vieux platanes de l’avenue du 1ier novembre près du Snet et de Hôtel le Glacier.

On pouvait lire des messages comme « J’ai perdu mon œil à cause de vous, ayez pitié de moi« , « Respectez-moi, j’ai 60 ans de rue » ou alors  « Vos crachats me dégoûtent, je veux de l’eau« .

La prochaine sortie est prévue pour ce samedi 11 août au crépuscule, point de rencontre et de départ est donné au triangle BNP-Parisbas. Les organisateurs affirment qu’une nouveauté sera introduite, des pauses culturelles accompagneront cette action citoyenne. L’un de ses membres affirme « qu’il est prévu de s’arrêter sous un platane pour écouter un conte africain et un musicien viendra avec sa troupe chanter la fameuse chanson Limon Trees du groupe britannique Fool’s Garden en hommage à tous les arbres fruitiers ». Les enfants seront de la partie en accrochant leurs propres messages imaginés car pour les organisateurs « l’avenir de l’arbre à Jijel et en Algérie est dans ses enfants« .

45 Commentaires

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