La direction de la culture de la wilaya de Jijel est bien triste ces derniers temps, l’engouement estival n’est plus. En effet, depuis le renouvellement de la direction, l’institution ne propose que des concerts bas de gamme et empêche de nouveaux groupes d’émerger. Le public mélomane de Jijel est à l’affût du moindre évènement, mais il est toujours déçu. Les groupes, pourtant foisonnent ; nous citons Clé 13 qui a été premier lauréat d’un prix national organisé par l’institut français et l’agence nationale pour le rayonnement culturel, ainsi qu’Algorythm, qui compose et interprète ses propres chansons, il a d’ailleurs un clip vidéo intitulé Love trolley qui tourne sur le net.

Jijel, belle cité n’accueille plus que de la musique désuète, que des spectacles très en dessous de la qualité du public. La directrice de la culture de la wilaya est fortement accusée d’avoir pris part à la dégradation de la situation. Elle a déjà été dénoncée. En effet, il y a près de deux ans, un bloggeur et un rappeur auraient parlé d’une situation anormale. La commune de Milia (qui se trouve dans la wilaya de Jijel) a été délaissée. Aucun spectacle ne s’y serait tenu. Après avoir montré du doigt les manquements des responsables, les deux protagonistes se seraient tus et Milia a mystérieusement retrouvé quelques activités qui se composent principalement de concerts de rai bas de gamme. Dernièrement, le groupe Freeklane, Mok Saib et Meziane Amiche ont été confronté à la médiocrité de cette institution. La place du premier novembre, épicentre de la culture chaabi à Jijel est en suspension de travaux. Aucune autorité n’a dénoncé ce manquement et la direction de la culture ferme les oreilles. La vacuité prend de l’ampleur et nous constatons que les faits à Jijel font échos à toute l’Algérie. En effet, nous faisons face à une grande crise de la culture. Nous voyons des cinémas fermer, des conférences annulées, des groupes émergeants délaissés, l’originalité n’est plus recherchée. Nous avons l’impression que le mot d’ordre est de « combler les vides ». Inviter et montrer n’importe qui, n’importe quoi, alors que le pays regorge de trésors dans tous les domaines de l’art.

Les pouvoirs publics doivent prendre conscience qu’une société a besoin de ses acteurs artistiques pour se sentir mieux, pour progresser et innover. Les révolutions sont accompagnées de chantres, ceux-ci, au devant des mêlées mènent les consciences…